Gratte-cul
. ' {Bosa canina L.)
La mère de famille, préoccupée de sa pharmacie domestique, ne se contente pas de cueillir sur l'églantier les jolies roses qu'elle y trouve; elle réunit aussi ce qu'on appelle vulgairement les grattecul pour en apprêter non seulement des sauces, mais aussi et surtout des médicaments. Elle passera d'autant plus minutieusement en revue son jardin et les propriétés d'autrui, si quelque membre de sa famille souffre de la gravelle ou de la pierre, c'est-àdire d'un calcul rénal ou vésical, maladies terribles et douloureuses. Elle sait que le thé de gratte-cul soulage et purifie les reins et la vessie.
Je connais un vieillard très avancé en âge qui, dans ses jeunes années, souffrait énormément de la
gravelle. On lui conseilla ce thé, auquel il s'habitua si bien, que maintenant il ne se coucherait jamais, le soir, sans en avoir pris une tasse. Il préfère cette boisson au meilleur verre de vin. Vuilà mes spiritueux, dit-il souvent ; voilà l'huile qui graisse et fait marcher journellement la machine usée de mon vieux corps.
On ouvre le gratte-cul, on en éloigne les pépins, puis on fait sécher les gousses, et celles-ci donnent le thé.