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INTRODUCTION

1898 ! — Il y a exactement vingt-huit ans, l’auteur de ces lignes entre, sans l’avoir vivement désiré, sans l’avoir immédiatement recherché, dans la politique. A regret il quitte le corps de l'Inspection des Finances auquel il a appartenu pendant dix ans. Un an plus tard il accède au Gouvernement. Waldeck- Rousseau appelle à collaborer avec lui le jeune député de Mamers auquel il n’hésite pas à confier le grave portefeuille des finances. Celui-ci fera donc ses premières armes, de 1899 à 1902, à l’ombre de l’homme d'État dont les enseignements empreindront sa mentalité.

Revenu au pouvoir en 1906 avec M. Clemenceau, sur le devant de l’estrade cette fois, il fait vivre le Cabinet auquel il appartient. Il défend et fait voter par la Chambre une grande réforme : l’impôt sur le revenu.

Appelé en 1911 à la direction du Gouvernement. ayant pris les leviers de commande avec l'intention de rétablir l’ordre momentanément compromis par un désarroi démagogique et de faire aboutir des lois démocratiques, il est enveloppé soudain par une tempête de politique extérieure. Placé en présence

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des plus redoutables éventualités, ayant à débattre

la situation de la France au Maroc avec la lourde.

puissance qu'était l’Allemagne, il a le bonheur de parvenir à une transaction qui, assurant à notre patrie le protectorat de l’empire chérifien, maintient la paix du monde.

L'homme politique est désormais situé par l’opinion à laquelle agréent les définitions sommaires. La grande transformation qu'il a préparée, déterminée, dans notre fiscalité, la politique européenne dont il a tracé le dessin burinent son image.

Il est loin de s’en plaindre. Il revendique hautement ce dont on lui fait reproche et qu'il tient à orand honneur. Il demande seulement qu’on prenne mesure exacte de ses entreprises, qu'on observe qu'elles procèdent d’une doctrine générale, qu’elles ne la commandent pas.

Pour avoir latitude d'expliquer aisément, d'écrire le style parlé, personnel et rapide, auquel il est habitué, il dépouillera le mince loup de soie que, parlant à la troisième personne, il a eu le caprice de poser un instant sur son visage.

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L'impôt sur le revenu !

Combien de fois n’ai-je pas proclamé, répété, que je voulais un aménagement différent de nos contributions directes moins pour satisfaire les aspirations, très légitimes cependant, de la démocratie que pour servir l'intérêt national l: Combien de fois ne me suis-je pas appliqué à démontrer que l’impôt sur le revenu était le volant indispensable de toute machine fiscale bien réglée, que, si la France n'’entrait dans la voie où s'étaient successivement engagés les grands peuples de l’univers, elle serait dépourvue de l’armature financière dont disposeraient ses rivaux |

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