‹ Ma doctrineChapitre 2 sur 40 · INTRODUCTION VIT · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VIT

D'un certain côté on ne voulut m’entendre. Les uns me taxèrent de servilité à l’égard du parti socialiste. Les: autres, conservateurs plus réfléchis, se prirent à déplorer ma soi-disant évolution. Du parti modéré auquel j’appartenais, disaient-ils, quand Waldeck-Rousseau m'avait associé à ses destinées, j'aurais bondi dans le parti radical-socialiste.

J'avais, j'ai conscience d’être resté moi-même, Républicain de gauche, radical ? — qu’importent les épithètes saisonnières ! — Sous le ministère Waldeck- Rousseau, j’entamai la première tâche qui s’offrait à mon activité et qui s’accordait avec ma doctrine : la refonte de contributions indirectes, choquantes par leur disparité, par leur inégalité, par leur injustice (impôts sur les boissons, sur’les sucres, droits hypothécaïres), aussi l'institution de tarifs progressifs dans la taxation successorale. Si, à l’époque, je me tins éloigné de l’impôt sur le revenu, c’est que je ne voyais pas la réforme. Je la travaiïllai pendant plusieurs années. J'y fus acquis le jour où, ayant fait litière des projets incertains, fragmentaires, qui avaient été: successivement proposés, j’eus bâti dans mon esprit un mode nouveau de fiscalité directe, cohérent et logique. Dès que je pus enfermer mes idées en un texte législatif, je déposai le projet, qui, ballotté pendant de longues années entre la Chambre et le Sénat, un peu abîmé, diton, au cours de ces voyages, est devenu la loi qui nous régit. Quelles qu'en soient: les défectuosités, j'ai le sentiment qu’il n’est aujourd’hui presque personne qui s’accommoderait du retour aux vieilles contributions. J’ai, en tout.cas, la certitude que les conservateurs avertis regrettent tout bas — certains n'hésitent pas à le déplorer tout haut — l'opposition inconsidérée qu'ils ont faite à une réforme dont j'étais loin de penser, quand je la présentai, qu'ils la combattraient avec autant de véhémence: Je la jugeais, moi, si modérée que je

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