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DISCOURS DE CHATEAU-DU-LOIR, 26 OCTOBRE

Je vais quilier — on va me forcer de quitter — le Ministère des Finances. Je le sais. On ne veut même pas me permettre de déposer et de soutenir devant

. la Chambre les projets financiers que j'ai conçus et

mürement étudiés. Pourquoi? Je n'aurais pas de majorité à la Chambre, argue-t-on. Qu'en sait-on ? « Vos projets sont trop modérés, continue-t-on, si

modérés que les gauches ne pourraient s’y rallier. »

Quelques mois plus tard cependant le Parlement devait voter des lois de fiscalité — je constate, je ne critique pas — singulièrement plus apaisantes pour les conservateurs que mes propositions honnies. Que signifie donc ? Tirons le rideau. L'heure n’est pas venue de demander à la chronique de commenter

* l’histoire. Peut-être apercevra-t-on dans les dernières

phrases du discours de Château-du-Loir, que menaient bataille contre moi, fortement appuyés, certains que je dénomme « les féodaux ». Ceux-là, au lieu d'accepter les directions du Ministère des Finances, prétendaient le diriger, constituer un État dans l’État,

et, n'ayant de prise d’aucune sorte sur l’auteur de ces lignes, ils entendaient l’écarter.

Voici le discours où, après les remerciements et

les félicitations de circonstance, j'aborde la question financière. js

J'ai donc été invité, il y a un peu plus de six mois,” par M. Painlevé, à reprendre la direction des ser. vices du ministère des Finances. Quoi qu'on ait pu | : dire — et qui est exact — sur la magnifique revanche qu qui me fut offerte par mon ami de tout temps, par j mon chef d’aujourd’hui, il ne se trouvera personne, j'imagine, pour disconvenir que la charge qu'on m'invitait à subir était redoutable. DALAS Je croyais l’avoir mesurée. Il me fallut plusieurs. mois d’études et d'observations pour apercevoir pleinement le mal. Afin de le représenter clairement, 7 FA laisserai parler les chiffres. AU La dette intérieure de l'Etat se décompose en dette consolidée atteignant le total de 150 milliards ww environ. La dette à court terme compose une cin- w quantaine de milliards. Les bons de la Défense Nationale, les bons du Trésor totalisés représentent : 55 milliards, Enfin, les engagements divers de l'Etat, | principalement vis-à-vis de la Banque de France, s'élèvent à une quarantaine de milliards. 300 milliards, voilà approximativement le total de notre dette intérieure. | Notre passif s “accroît d’une dette extérieure con sidérable que j'ose à peine chiffrer et qui découle des … emprunts que nous ont consentis nos alliés pendant 1 la guerre, pour mener à à bonne fin la lutte contre les empires Centraux. | Ce n’est pas tout. À côté de ces dettes acquises, inscrites dans nos livres, nous avons ce -que je qua lLifierai de dette en puissance. Je m'explique : nous. sommes tenus, nous serons tenus pendant les années à venir de décaisser quelque quinze à vingt milliards

… pour parachever la restauration des régions dévastées. Nécessairement, il nous faudra emprunter pour y parvenir et la perspective de ces inévitables appels au crédit doit fortifier chez nous l'esprit de prudence et de mesure. Pour parler clair, nous ne devons rien faire qui soit de nature à prévenir les émissions de papier auxquelles il nous faudra procéder.

“Comment une dette aussi colossale ? D'où vient que la France, débitrice en 1914 d’une trentaine de . milliards seulement, soit aujourd’hui chargée d’un passif dont les chiffres paraissent astronomiques ? … De la guerre sans doute, mais aussi, mais surtout de

l’après-guerre.

J'ai le droit de retenir que, si l’on n’a pas financé

… la guerre, on n’a pas davantage eu le courage, une fois la paix signée, de réduire les dépenses, d’augmenter les recettes dans la mesure qui convenait,

» qu'on a préféré se pavaner dans le royaume des il-

Jusions.

On a déclaré que tout était aisé. « L'Allemagne paiera », n'est-il pas vrai ? À l’abri de cette formule

de basse démagogie on a emprunté à tour de bras. " On a vécu comme le prodigue qui s’endette en es- » comptant un fabuleux héritage. De cet héritage, . vous savez combien sont réduits les versements que mous pouvons attendre de nos ennemis d’hier. Vous savez que nous devons nous estimer heureux si les contributions germaniques nous permettent de rembourser nos alliés de la veille et de conserver un léger surplus.

Cependant, le temps a passé. On a continué à répandre dans le public papiers peints sur papiers peints sans qu'on parût se douter que cela ne pou- . vait durer indéfiniment. Au commencement de 1924, … des craquements précurseurs se firent entendre.

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272 MA DOCTRINE RAT ADEME ANR

Quelques mois plus tard, parlant au Mans, j'annonçais « la grande pénitence économique et. Haas cière ».

Quel était le sens de l’avertissement que je distri 4 buais ? J’entendais qu'il fallait mettre un terme à ce

que j’appellerai « la politique de facilité ». J’enten-

dais qu’on devait se résoudre à modérer les dépen-

ses publiques, à accroître par de nouveaux impôts,

quelque pénible que cela püût être, les ressources de l’État.

Contre cette politique de facilité j’ai entrepris de lutter aussitôt que je Suis revenu au gouvernement. Sans méconnaître la valeur des efforts que nos prédécesseurs immédiats avaient faits, j'ai dû constater qu'il s’en fallait de plusieurs milliards que le plein équilibre budgétaire fût atteint, Les projets que j’ai présentés instituent des taxes dont je ne me dissimule pas la sévérité maïs qui sont indispensables. S'ils sont adoptés, le Trésor disposera à partir de

1926 de ressources suffisantes pour couvrir toutes:

les dépenses.

Quelque ingrate que fût cette première besogne, -

elle était moins ardue que les autres tâches qui m'in-

combaient. Conduit par des appels répété$ des nations qui sont nos créancières à poursuivre des pourpar- … lers déjà entamés au sujet des dettres interalliées, je

me suis rendu successivement en Angleterre et en

Amérique et, si je n’ai pu aboutir du premier coup …

à un accord souhaitable avec les États-Unis, j'ai la confiance que de longs mois ne s’écouleront pas

avant que des arrangements ne soient obtenus et,

comme j'ai pris soin de réserver, en les situant en

dehors du budget, les versements à attendre de l'A, lemagne en suite du plan Dawes, comme les conti,

butions à verser à nos alliés ne sauraient dépasser: les sommes à encaisser de nos anciens ennemis, 1}

DISCOURS PRONONCÉS EN 1924, En 1925 273

a, par mes Soins, provision suffisante dans nos finances pour que nous puissions nous dégager d’un fardeau insupportable à la liberté de nos mouvements dans le monde.

Quand le loisir m'en sera donné, je reviendrai devant mes électeurs sarthois sur cette grave question des dettes interalliées dont on aurait sans doute pu éviter qu'elle se posât mais qui du moment où elle

n’a pas été liquidée à notre entier avantage au mo-

nent opportun, ne peut pas ne pas être résolue, à nos frais, hélas ! Les retards qu’on a apportés à la

régler ont accru nos charges dans une mesure colossale. Chaque mois, chaque semaine qui passe ajoutent à notre fardeau. À la longue, il deviendrait démesuré. Ce serait se payer une fois de plus d'illusions que d'imaginer que des dettes sur l’origine desquelles je sais tout ce qu’on peut dire, mais qui ont été contractées sans que fussent formulées de réserves d’aucune sorte, s’effaceront d’elles-mêmes et que, pour s’en débarrasser, il suffira de les ignorer. Politique

d'’illusionnisme que celle qui est prêchée à ce sujet

par des hommes politiques emportés par l’ardeur de leurs convictions et par des financiers qui s’accommoderaient d’une France tenue en vase clos, où le champ serait libre...

- + F4 A. . " s 0 Mais, j'ai hâte d’en venir à des questions qui

pèsent davantage sur l'opinion, Quand, au mois

d'avril, j'ai repris la direction des services du ministère des Finances, je me suis trouvé en face d’une situation de trésorerie singulièrement délicate. Un excès d'inquiétude conduisait le public, dans les premiers mois de 1925, à marchander à l’Etat le renou-

vellement des bons de la Défense Nationale que, dans

les années de confiance illimitée, il avait libéralement souscrits. Chaque quinzaine, en mars, en avril derniers, les remboursements des titres de l’espèce dé-

passaient de quelque cinq cent millions le montant | des émissions. Mon prédécesseur avait obtenu une avance de 4 milliards de la Banque de France à la” fois pour réparer des découverts antérieurs s’élevant à 2 milliards 600 millions et pour approvisionner le Trésor jusqu’à concurrence du surplus, soit 1.400. millions.

Maigre réserve ! dérisoire en présence des best | auxquels j’allais avoir à satisfaire. Il ne s'agissait an seulement de pourvoir aux déficits dans les renouvellements de bons qui, peu à peu, disparurent pour. faire place à des excédents à mesure que se rétablissait la confiance et que surgissaient les souscriptions. | à l'emprunt que j'ai émis. Il s'agissait de satisfaire. à des échéances massives de bons à trois et à six ans que mes prédécesseurs avaient disposées de telle sorte. qu'elles écrasent de leur poids de 50 milliards, irré-« gulièrement, j'allais dire follement réparti, les “exercices successiis pendant près de dix ans. La part de l'exercice 1925 pouvait s'élever jusqu’à 21 milliards: En fait il fut réclamé au Trésor le remboursement w d’une somme de 8 milliards environ dont trois milliards à échoïr en décembre. Comment aurait-on pur VU" parvenir avec quatorze cents millions en caisse, déjà insuffisants pour satisfaire aux charges d’un exer- . cice qui sera sans doute en déficit de trois milliards, "uw à un fardeau supplémentaire de 8 milliards auquel venait s'ajouter la charge d’autres avances ordon- ” nées par la loi ? impossibilités ! Quels moyens de les affronter ? LE

J'ai considéré longuement les politiques finan- : cières, qui s’offrirent à moi, qui me furent offertes © d’une part, la politique de la consolidation forcée des AO bons de la Défense Nätionale et des obligations à n . court terme, c’est-à-dire la politique de reniement 18 des engagements de l’État ; d’autre part, la ne | L 4

LA

du maintien de la parole donnée qui, sans doute, conduit à des expédients, oblige parfois, m'a obligé

er juin dernier à recourir à des avances de la Banque

de France que j'aurais, certes, mieux aimé éviter, bien que je dénie qu'il faille s’en alarmer dans ia mesure où certains, qui brandissent le grand mot d'inflation, affectent de le faire. Je refuse, en effet, d’accoler un terme péjoratif à une opération qui consiste uniquement à substituer des billets de notre grand établissement de crédit à des bons faisant sou-

vent office de monnaie.

Quoi qu'il en soit, entre les deux politiques que je situe, j'ai pris parti en juin après müre réflexion. Je prendrais encore aujourd'hui la même détermination. À moins qu'un cataclysme financier ne menace la France, — fort heureusement ce n’est pas le cas, on exagère le pessimisme comme jadis on pécha par excès d’optimisme — je ne me résoudrai pas à des Inesures que je ne veux stigmatiser en les qualifiant, mais dont je puis bien dire qu'elles atteindraient profondément le crédit de mon pays que j'entends conserver intact. ;

On préconisait, il est vrai, on préconise d’autres

" méthodes que j'ai également écartées, que je persiste à écarter.

Les uns disaient, disent : « Mais tout cela est très simple, l’Etat se tirera aisément d'affaire en ne payant qu’une partie du coupon des rentes, en retenant aux porteurs une large fraction de leurs arrérages qui sera employé à amortir ». C’est, en effet, très simple, trop simple... Quand même il résulte-

rait du mirifique système que le rachat en Bourse

des titres de rente ferait hausser considérablement

les cours — j’éprouve quelques doutes à cet égard

en songeant. qu'il faudrait agir avec des moyens li-

mités sur des valeurs dont le total compose plusieurs centaines de milliards — je ne puis m'empêcher de

considérer comme un forfait l’amputation de nn que l’on pratiquerait, spécialement, au dommage de \ la clientèle de l’État, au dommage de tous ceux qui ” eurent confiance dans la France et qui le témoignë- : rent aux heures de péril. Ce serait iniquité d’autant plus odieuse qu’elle s’abattrait sur la petite, sur lat moyenne bourgeoisie qui détient les rentes sur l'Etat, qu’elle ménagerait la plupart des favorisés de la for tune dont je me suis laissé dire qu'ils recherchaient d’autres titres que les titres d'Etat. Ceux-là se trou. \ veraient abrités et, Comme le poète latin, ils pour: raient contempler, en sérénité, confortablement si- w tués sur le bord de la mer, les flots tumultueux de la fiscalité agencée pour les servir. k Une autre EthoUE est suggérée, qui mérite, celies ne là, de retenir sérieusement l'attention. « L’ Etat est 4 chargé d’un passif insupportable, Pr, qu'à cela ne tienne ! Il suffira, pour remettre tout en ‘ordre, de compenser cette dette, en partie tout au moins, avec une fracton du capital de la nation. Opération chirurgicale, ajoute-t-on, analogue à celle qu’ou pratique sur un malade que la gangrène envahit et auquel on sauve la vie en Jui retranchant un " membre ». Mt Ce sont là vues qui séduisent quand elles sont habilement présentées, qui ne résistent cependant pas à un examen attentif. Elles rentrent dans la caté: gorie de ces idées géométriques dont il faut se méfier, qui toujours ou presque toujours sont en contradiction avec les réalités. En les considérant, je ne puis m ’empêcher de sortir de la technicité où je me suis Cantonné jusqu'à présent et où je rentrerai, Rue à l'heure, pour pénétrer dans la politique. |

La thèse est soutenue par le parti socialiste dont 1 je ne parlerai qu'avec une sympathie profonde non T1

seulement parce que nous avons été et que nous, e-

rons alliés dans les luttes politiques maïs aussi parce, que je lui garde une reconnaissance émue de m'avoir

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courageusement et noblement défendu aux heures . -

de supplice !.

Mais j'imagine que mes amis socialistes m’estimeraient moins si je ne revendiquais l’entière indépendance de ma pensée personnelle, l’entière indépendance de mon parti vis-à-vis du leur. Jadis, avant la guerre, nous avons mené la bataille parlementaire en commun, socialistes et radicaux, à diverses reprises. Nous avons lutté pour l’impôt sur le revenu. Nous nous sommes séparés sur la question de la proportionnelle. Si les jours de mon gouvernement de 1911 furent comptés, n’est-ce point, en large partie, parce que j étais un partisan déterminé du scrutin uninominal ? Le parti socialiste chevauchaït l’idée géométrique de la proportionnelle. La bataille qu’il a menée à causé au pays, au monde devrais-je dire, un détriment. que l’heure n’est pas d’exposer et de dévelop-

pér. Le succès, incomplet fort heureusement, qui a

couronné les efforts des proportionnalistes, a failli ruiner la République. Nous lui devons en tout cas fa seule Chambre de réaction qui ait sévi dans notre

pays depuis 1877.

Qui donc avait raison, des radicaux qui combattirent la proportionnelle ou des socialistes qui, en accord avec M. Poincaré et ses amis, entreprirent de l’introduire dans notre législation ? Et ne suis-je pas fondé à être en méfiance vis-à-vis des thèses qui s’apparentent par leur mathématique à celle qui ravagea la politique républicaine ? ;

Ma méfiance se fortifie quand j'ouvre les fenêtres, quand j’aperçois que l’expérience du prélèvement sur

le capital qu’on nous propose a été faite à l’étranger

que, partout pour ainsi dire, elle a lamentablement échoué, laissant derrière elle un sillage de ruines et

:.278 MA DOCTRINE He

‘de désastres, précipitant les maux qu elle avait pour, M M disaient ses partisans, de conjurer. We Pourquoi fermerions-nous les yeux à la lumière qui Fa nous vient du dehors ? Pourquoi, par ailleurs, nous. refuserions-nous à considérer les réalités et les éventualités ? Quoi ! les cultivateurs qui m'’entourent seraient tenus de payer le dixième de leur avoir et, à défaut de disponibilités qui leur manquent le plus. souvent, de consentir sur leurs biens une hypothèque de 10 % au profit de l'Etat. Tout esprit réfléchi n'est-il pas conduit à se demander si ce sont là conceptions soutenables, si une immense impopularité ne s’attacherait pas aux partis qui les feraient leurs et si la réaction ne bénéficierait pas, comme cela advint. pour la proportionnelle, de la faute que nous nous serions laissés aller à commettre ?

Et puis, et puis je ne saurais m'empêcher de remarquer que l’idée du prélèvement sur le capital trouve des concours qui paraissent singuliers à l’homme dans . la rue, qui ne surprennent que médiocrement ceux. qui savent Les dessous de ce monde. De grands manieurs d’argent, de puissants financiers, d'immenses. industriels, s’en déclarent partisans. Qu'est-ce à dire? C'est à dire que les spécialistes des affaires savent que les désordres créés par les lois, impliquant des transferts de richesses d'individus à Etat presque aussi complexes que les transferts de richesses de peuple à peuple, sont propices aux grands enrichissements. Ne parle-t-on pas déjà de banques hypothécaires qui seraient fondées pour ramasser la terre et qui auraient sans doute pour pendant des banques raflant les titres que la nécessité de réaliser ferait vendre à vil prix ? Et si, mes chers amis, vous voyez

mener d’un certain côté des attaques AE te contre le ministre des Finances, contre votre compas

triote, c’est peut-être parce qu’on sent que qe tout

son pouvoir il barre, il barrera la route aux féodaux qui prétendent dominer la démocratie.

Je m’arrête. C’est là sujet que je ne veux qu'’effleurer aujourd hui. Je conclus :

Mes chers concitoyens, écoutez-moi, je parle raiïson, voyez-vous. Une fiscalité démocratique, oui certes ! Des impôts progressifs, autant que faire se peut, frappant sévèrement l’opulence ! Le luxe insolent impitoyablement taxé ! Des contributions spé- Ciales sur toutes les formes de la fortune, raisonnablement assises, fixées à des taux modérés de façon à ne pas décupler des fraudes déjà trop développées ! D'accord ! Des économies aussi. Une gestion sévère des deniers publics. Ainsi seulement on sortira du défilé. Mais on n’en sortira que lentement. Ce n’est pas en quelques mois que se répareront les désordres

- accumulés pendant de longues années. Ce n’est pas

davantage par des coups de baguette magique qu’on remettra les choses en ordre. Du temps, de la patience, de la méhode, du crédit aux hommes qui gouvernent. Voilà la formule !

En parlant de la sorte, je ne songe pas à moi. Je

serais trop heureux de pouvoir rentrer dans le rang ét de me borner à faire entendre ma voix au Sénat

où vous m'avez fait le grand honneur de m'envoyer. Je pense à la République et à la France dont je suis et dont je serai jusqu'au bout le serviteur passionné.

J’ai subi, je subirai sans doute bien des épreuves. J'attends de nouvelles couronnes d’épines sur mon front qui saigne encore. Qu'importe ! Dans nos forêts de la Sarthe il est de vieux chênes sur lesquels

la foudre est tombée sans les abattre. Moi aussi je reste debout dans ma doctrine et dans ma volonté,

debout pour la défense des finances publiques, pour la défense de la République contre les réacteurs, de

l’État contre les féodäux.

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