‹ Ma doctrineChapitre 6 sur 40 · INTRODUCTION XE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XE

loureux honneur m'’échut de célébrer mon tendre ami d’Estournelles de Constant dont la vie politique fut un long apostolat pour la paix, j'ai été naturellement conduit à montrer comment je m'’accordais avec lui.

Parmi ces trois discours, j'ai encarté une lettre écrite par moi à Paul-Boncour lors d’un anniversaire de la mort de Jaurès. Ce n’est pas seulement parce qu’elle atteste l’affectueuse admiration que je nourrissais pour le grand socialiste ; c’est parce qu'elle porte trace de la médiocrité de mes émois devant les. vastes projets caressés par les chefs des partis extrêmes. Eh ! oui, tout cela ne m’émeut guère. Je me dis que de deux choses l’une : ou bien les projets en question rentrent quelles que soient les épithètes dont on les affuble, dans le cadre des transformations que tout homme de gauche non seulement peut mais doit envisager et étudier — alors pourquoi ne pas chercher à s’entendre, toutes choses étant mises au point, les résistances utiles étant opposées, avec ceux qui aspirent à conduire la démocratie la plus avancée et dont le concours peut être précieux ? — ou bien les projets en question ont pour objet de profondément altérer l’état social et, en ce cas, il suffit d'écouter, de lire et de passer son chemin.

Je m'explique. Toute civilisation a ses éléments essentiels qui ne supportent point d'atteinte. Ainsi que l’organisme humain, l’organisme social réagit de lui-même du moment où il est. sain et autant qu'il le reste. Rien donc à redouter des tentatives d’agression couchées sur du papier à en-tête de la Chambre des Députés — feuilles volantes qu’emporte le vent du large. — Ce dont il faut préserver une civilisation, c’est de la démagogie qui anémie, qui corrompt, qui, portant le désordre dans les institutions, dans les esprits, mine une forme sociale sans préparer l'avènement d’une autre.

Digression à laquelle je me suis laissé aller !

Page 1