X INTRODUCTION
Les discours que j'ai alors prononcés, discours rapidement écrits sinon improvisés, discours à l’emporte-pièce, discours frémissant de vie, discours où l’idée qui vient de jaillir du cerveau est parlée toute chaude, jalonnent ma pensée.
Impossible, je crois, à l’homme de bonne foi qui parcourra ce recueil de mettre en doute la continuité de ma vie publique ! Discutable, à coup sûr, la qualité de mes conceptions et de mes prévisions dont je serai le premier à accorder que des filets d'erreur, — l’erreur est le fait de l’homme — ont dû s’y glisser. En toute modestie, j'invite cependant mes contradicteurs hypothétiques à la prudence. Qu'ils rapprochent ce que j'ai annoncé et ce qui est advenu |
Un choix à faire ? Difficile ! :
Je ne pouvais tout publier. Peut-être ai-je trop retenu pour ne rien laisser qui importât dans l’ombre. Avec le même souci de probité j’ai classé.
Me souvenant qu'on m'a parfois défini « un sentimental », convaincu au reste, avec Waldeck-Rousseau, que, pour se faire pleinement comprendre, il faut laisser parler son cœur, j’ai réservé la première place dans ce livre à des discours prononcés sur des tombes ou devant des cénotaphes, à des discours dont il me semble qu'ils révèlent l’homme profond.
La passion que j’apporte dans mes attachements éclate, m'’a-t-on dit, dans l’oraison funèbre de mon si cher, de mon admirable Pascal Ceccaldi. En parlant sur la tombe de Maurice Rouvier, j'ai laissé transparaître, en même temps que ma reconnaissante affection pour l’homme d’État qui veilla sur mes débuts, la substance de ma doctrine financière s’accordant sur la plupart des points avec celle du grand Ministre dont je louais la mémoire. Quand le dou-