DES
nous a été communiquée par ce digne prêtre, nous a appris, à notre grand regret, qu'une profonde douleur était venue se mêler à la joie de Votre Sainteté. Comme M. le Vice-Recteur n’a cessé dans toute cette affaire de se diriger par nos instructions et de s’inspirer de nos conseils, et comme nous sommes les premiers responsables de sa conduite et de toutes ses démarches, nous sentons, Très Saint Père, le besoin que nous avons d’ajouter à l’hommage de notre gratitude les respectueuses explications que réclament de nous les droits de la vérité et la consolation du cœur très paternel de Votre Béatitude.
Nous partageons entièrement les sentiments qu’à la recommandation de l’Eminentissime Préfet de la Propagande, M. Proulx s’est empressé d’aller témoigner à Son Eminence le Cardinal Taschereau, Archevêque de Québec. Notre vénération, notre déférence filiale pour cet auguste prélat sont aussi sincères que profondes ; nous sommes vraiment affligés du déplaisir qu’il a éprouvé à l’occasion des négociations relatives au Bill des Ecoles de Médecine ; nous n’aurions voulu rien négliger pour épargner au vénérable Cardinal une impression pénible, bien contraire À nos intentions et aux sentiments dont il] nous sait animés pour lui.
Toutefois, en réfléchissant sur tout ce qui s’est passé, nous nous voyons obligés d'affirmer, Très Saint Père, à Votre Béatitude que dans rien de ce qui
s’est fait, par nous ou par M. Proulx, nous n'avons eu
d'autre objet en vue que de soutenir les intérêts de l’autorité apostolique dans notre cher Canada, et d'assurer l’union des deux Ecoles conformément à la très sage Constitution Jam dudum, et au mandat que nous avions reçu de Votre Sainteté et dont Elle nous avait recommandé l’exécution comme souverainement importante et désirable.
Saisir le Conseil Universitaire du Bill qui devait opérer l’union, aurait été, dans l’état de préoccupation des esprits, et, d’ailleurs pour une cause particulièrement propre à Montréal, un moyen assuré de soulever des oppositions et de faire échouer ce projet : telle était, et demeure encore, notre intime conviction. Mais Mgr Paquet, Recteur de l'Université, a été dûment informé de l'affaire par M. Proulx; nous ne pouvions dès lors penser qu’il erût devoir omettre de la communiquer au Cardinal, et qu’il y eût lieu pour nous d’en informer plus officiellement Son Eminence, surtout lorsque la prudence exigeait de notre part tant de réserve.
Nous croyons, en définitive, Très Saint Père, rendre à M. Proulx ce témoignage qu'il a fait preuve de beaucoup de dévouement, de prudence et d’habileté dans la conduite de cette affaire si difficile et si délicate ; que nous devons en grande partie à ses services d’avoir pu la mener à bonne fin, et obtenir la sanction civile de nos propres arrangements, et qu’il a droit pour ces motifs à toute notre reconnaissance.
Osant espérer que Votre Sainteté daignera ne pas
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rejeter cette simple et filiale exposition des choses, et implorant avec la plus profonde vénération la Béncdiction Apostolique, nous sommes,
Très Saint Père, De Votre Béatitude,
Les très humbles et très obéissants serviteurs et fils,