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imposé la ligne de conduite que nous avons suivie, et le sens des attaques qui sont parties de Québec contre le Vice-Recteur de l’Université à Montréal. Cependant, ces preuves diverses peuvent vous être utiles pour avoir sous la maïn des réponses toutes prêtes aux diverses accusations, au fur et à mesure qu’elles traversent les mers et vous arrivent.
Avant longtemps, je mettrai à la poste, à l’adresse de Votre Eminence, l’erposé des raisons qui nous ont empêchés de saisir le Conseil universitaire du projet d'union entre les deux Ecoles de Médecine, ce qui complétera ma justification.
Sa Grandeur Mgr l’Archevêéque de Montréal est arrivé jeudi, le 12 du courant; la réception qui lui a été faite à l'église Notre-Dame, était vraiment solennelle et enthousiaste. Il est revenu enchanté de son séjour à Rome et de ses rapports avec les Eminentissimes Cardinaux: voilà, au moins, deux hommes au Canada qui sont contents de la Sacrée Congrégation de la Propagande, l’Archevêque de Montréal, et celui qui a l’honneur de se souscrire avec une haute considération et un profond respect,
De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur, Le très humble et très obéissant serviteur,
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Où il est démontré que le Bill d'union, présenté à la dernière session de la Législature de la province de Québec sur la demande conjointe de l’ Ecole de Médecine et des Evêques de la province ecclésiastique de Montréal, donne à l’Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, faculté médicale de Laval, une constitution tout à fait catholique, qu'il renferme essentiellement les décrets romains, et qu'il ne froisse aucuncment les droits universitaires.
MonTRÉAL, 16 février 1891.
À $0N EMINENCE LE CARDINAL SIMEONI, Préfet de la S. C. de la Propagande.
EMINENTISSIME SEIGNEUR
J’envoie à Votre Eminence, par la même poste, en même temps que cette lettre:
1° Une copie de la charte de l’École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, telle qu’elle était avant qu’elle ne fût amendée par le bill que nous venons de faire accepter à la législature de la province de Québec (Au Supplément, Document No IT);
2° Une copie du bill amendant la susdite charte (Au Supplément, Document No IIT);
8° Une copie de la Constitution Jam dudum, en
mettant entre guillemets cette partie du décret pontifical qui regarde plus particulièrement le siège Montréalais de l’Université (Au Supplément, Document No IV) ; (1)
4" Quelques extraits de journaux, auxquels je fais référence à la fin de ce mémoire (Au Supplément Documents Nos VII, VIII et IX).
En jetant les yeux sur les trois documents ci-haut énumérés, Votre Eminence verra :
1° Que les membres de l’École de Médecine ont sacrifié,sans arrière-pensée,les principales clauses de leur charte, pour donner à leur École, de concert avec les Evêques de la province de Montréal, une constitution tout à fait catholique ;
2° Que le bill, amendant la ciiarte, renferme les prescriptions des décrets romains virtuellement, essentiellement et réellement ;
8° Que les droits universitaires, si l’on sait tirer parti du bill, sont loin d’avoir été violés ou froissés.
Reprenons.
La charte de l'Ecole de Médecine et de Chirur-
gie de Montréal, par les amendements qu’on y à
(1) Afin qu’on ait sous les yeux, comme dans une vue d’ensemble, les principales pièces légales qui sont à la base de la constitution civile ou canonique de l’Université, j'ajoute au Supplément la charte royale {Document No V), la Bulle d’érection canonique, avec un extrait d’une lettre de Son Eminence le Cardinal A. Franchi, et le règlement du Conseil Supérieur de haute surveillance (Document No VI),
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apportés, est devenue tout à fait catholique, dans toute la force du mot.
D’après l’ancienne charte, obtenue de la législature du Canada le 29 mars 1845:
1° Les nouveaux membres étaient choisis au concours public (voir No II de la charte) ;
2° Leur nomination, pour être valide, devait être soumise à la sanction du Gouvernement (voir No II);
3° Les règlements de la corporation, pour avoir
force de loi, avaient besoin de l’approbation du Gouverneur en Conseil (voir No V);
4 Le Gouvernement avait le droit de demander, quand bon lui semblait, un état des affaires et des actes de la corporation, et d’ordonner toute enquête à ce sujet (voir No X) ;
5° Chaque membre était personnellement responsable des obligations de la Corporation (voir VIII);
6’ Aucun aspirant ne pouvait obtenir sa licence pour pratiquer la médecine, la chirurgie et l’art obstétrique avant que son certificat de capacité n’eñt été approuvé par le Gouverneur (voir n° VI);
7° De plus, tout le monde sait que, afin de pouvoir procurer à ses élèves les diplômes universitaires requis depuis un certain nombre d'années pour exercer la médecine dans la province de Québec, l'Ecole était affiliée à l’Université protestante de Cobourg.
Pour des catholiques, certainement cet état de choses ne constituait pas le meilleur des mondes, et ouvrait la porte à de nombreux inconvénients qui se sont, en eftet, produits de temps à autre. Surtout, il
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existait un danger permanent que cette charte sans contrôle religieux ne tombât un jour, les circonstances aidant, entre les mains d’hommes mal inspirés qui en auraient fait la base d’une université purement laïque. Les membres actuels de l’Ecole, du moins la grande
majorité d’entre eux, le comprenaient fort bien et l’admettaient volontiers.
Cependant, je dois le dire, l'Ecole de Médecine subsistait, avec cette charte, depuis quarante-cinq ans, non sans gloire. Elle avait donné au pays des centaines de hons médecins, qui sont, pour le plus grand nombre, d'excellents chrétiens. Actuellement, tous ses membres sont des catholiques pratiquants et sincères. Le Saint-Siège, dans son dessein d'établir une grande Université catholique au Canada, tout en désirant l’union de cette Ecole avec Laval, n’a jamais voulu sa destruction violente; et, pas plus tard que le 9 février 1890, il reposait encore dans les sentiments religieux de l’Ecole assez de confiance pour s’en rapporter à sa bonne volonté, la laissant libre de s’entendre avec les Evêques de la province de Montréal pour effectuer l'union tant recommandée et tant désirée. ‘.... Quum hocnegotium scholam Medicinæ respiciat, poterit ipsa, collatis conciliis cum dominatione tua et cum episcopis suffraganeis istius provinciæ marianopolitanæ, id facere quod melius judicaverit, dummodo salva et integra maneant quæ decreta fuerunta Summo Pontifice et jura Universitatis Lava]llensis.” (Au Supplément, Document No X).
Les espérances du Saint-Siège n’ont pas été frus-
trées. ] n’était taient comme apostol à chan en con Gouver juridic ajoutar et elle lique.
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trées. Du moment qu’elle a cru que son existence n’était plus en danger, et que les hommes qui traitaient avec elle lui inspiraient confiance, l'Ecole comme corps a fait l'impossible pour réaliser les désirs apostoliques. Afin d’en arriver là, elle n’a pas hésité à changer les principales clauses de sa charte de fond en comble. Partout elle a remplacé la sanction du Gouverneur, ou du Gouverneur en Conseil, par la juridiction de l’Archevêque de Montréal, souvent y ajoutant la juridiction des Evêques ses suffragants ; et elle a rendu ainsi sa constitution vraiment catholique.
En effet, d’après le bill qui a été passé à la dernière session de la législature de Québec:
1° Le choix des nouveaux membres se fait, non plus par le concours, mais par lélection,afin de pouvoir se conformer, suivant la prescription du décret Jam dudum,à ce qui a été en usage jusqu'ici dans la faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal (voir No IT du Bill) ;
2° Le choix d’un membre, pour être valide, devra
être approuvé par l’Archevêque catholique romain de Montréal (voir No Il);
3° Aucune destitution ne vaudra sans l’approbation du même Archevêque (voir No IT);
4° Les règlements pour la régie des biens de la Corporation, pour l’admission des élèves, la discipline, la durée des cours, le programme des études, le mode et le nombre des examens, et pour toute matière qui concerne la bonne administration de l’Ecole et le pro-