ÉVÊQUES DE LA PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE DE MONTRÉAL
Nous L. D. À. Maréchal, administrateur de l'archidiocèse de Montréal, et Nous, par la
grâce de Dieu et du Siège Apostolique, évêque
de
lu
able codement t et de re s’acrojet de
anciens une ou de Quétion de gissant montre- Laval, à ardinal ême.
de Sherbrooke et évêque de St-Hyacinthe, sa-
lut et bénédiction en Notre-Seigneur.
Nos très chers frères,
Nous portons aujourd’hui à votre connaissance, d’une manière officielle, la mission spéciale que nous a confiée le Saint-Siège, de faire tout en notre pouvoir pour amener une union entre la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal et l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, de même que ce que nous avons fait jusqu'ici en obéissance à cette demande.
Nous commencerons par citer le texte lui-même de la lettre que Nous a adressée l'Eminentissime Préfet de la Sacrée Confirégation de la Propagande, la faisant suivre de sa traduction.
Roma, li 12 guigno 1890.
Ullme et Rme Domine,
Haud ignorat Amplitudo tua nuper actum fuisse a moderatoribus Athenæi Marianopolitani Lavallensis Uñniversitatis de unione Facultatis medicæ artis ipsius Athenæi cum Schola pariter medica in eadem Urbe Marianopolitana existente. Et quamvis hæc unio gravibus undique rationibus consuleretur, commotis hinc inde animis. ad felicem exitum nondum perduci potuit. Hæc res minime studiis partium dijudicanda est, sed altius sumenda ratione æquanimi et intuitu boni communis. Commune autem bonum
ferre non videtur ut in eadem civitate duplex facultas medica coexistat. Hinc Apostolicæ Sedi, quæ nihil amisit ex eis quæ ad instaurationem et incrementum studiorum in ista Provincia ecclesiastica conferre viderentur, summopere gratum foret si unio de quâ agitur tandem ad effectum perducatur, salvis tamen juribus Universitatis Lavallensis et Decretis pontificiis. Et qu'a ad hoc obtinendum valde auctoritas RR. PP, sacrorum Antistitum istius provin ciæ conferre dignoscitur, Amplitudinem Tuam rogo ut una cum Episcopis istius provinciæ ea quæ polletis prudentia ac maturitate, operam auctoritatemque vestram conferatis ad questiones simultatesque e medio tollendas, animasque seden das, ut hince inde intuitu majoris boni, et salvis juribus uti supra, in unione peragenda conveniatur et libenter onera ferantur quæ ab hac perutili unione requiruntur.
Pro certo habens tam grave negotium opera Amplitudinis Tuæ et Episcoporum provincialium ad optatum finem tandem perduci posse, eidem Amplitudini Tuæ omnia bona u Domino adprecor.
Amplitudinis Tuæ, Addictissimus uti Frater, JOANNES CARD. SIMEONTI, Præfectus.
D., Archiep. Tyren, Sec.
(TRADUCTION
Votre Grandeur n’ignore pas que l’administration de l’Université Laval à Montréal s’est occupée dans
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ces derniers temps d'unir la Faculté de Médecine de cette Université avec l’École de Médecine de la même ville de Montréal. Toutes sortes de graves raisons militent en faveur de cette union, bien que le partage et l'agitation des esprits n’aient pas encore permis de la conduire à un heureux terme. Ce n’est point une question à juger par des impressions de parti, mais par des vues de bien public plus élevées et plus sereines. Or l'intérêt public demande, on le comprend, qu’il n’y ait point, dans la même ville, deux Facultés de Médecine à côté l’une de l’autre. Aussi le Saint-Siège, qui n’a rien négligé pour assurer dans cette Province ecclésiastique l’heureuse organisation et le progrès des études, verrait-il avec la plus grande sat:sfaction se réaliser l'union projetée, sans préjudice toutefois des droits de l’Université Laval, ni des Décrets pontificaux. Pour atteindre ce but il est clair que l'autorité des évêques de la Province sera d’un très grand poids. C’est pourquoi je prie Votre Grandeur et avec Elle les Evêques suffragants d’user de tout ce que Vous avez de prudence et de sagesse, de sollicitude et d'autorité, afin d’écarter les sujets de discussion et de litige, de calmer les esprits et de faire, qu’en vue du plus grand bien, et sous la réserve des droits susdits, on s’entende de part et d’autre pour réaliser l’union et pour accepter de grand cœur les sacrifices exigés par une œuvre si utile.
C’est avec la conviction que les soins de Votre Grandeur et des Evêques comprovinciaux pourront
enfin amener cette grave affaire à un heureux terme, que je prie Dieu d’accorder toutes sortes de biens à Votre Grandeur, dont je suis
Le très dévoué Frère,
JEAN, CARD. SIMEONI, Préfet.
D., Archevëque de Tyr, Sec.
N'ayant point oublié, sans doute, la lettre et les télégrammes que Son Eminence le Cardinal Simeoni envoyait à ce sujet à Sa Grandeur Mgr l’Archevêque de Montréal, dans le courant du mois de février, vous n'êtes pas sans remarquer, Nos T. C. F., combien cette nouvelle lettre témoigne du désir ardent qu'a le Saint- Siège de voir réussir l’union entre les deux Ecoles de médecine. Cette union, dit-elle, serait d’unetrès grande utilité perutili unione ; c’est une affaire importante, grave negotium ; elle est conseillée par de graves raisons d’un côté comme de l’autre, gravibus undique rationibus consuleretur ; c’est une fin désirable, optatum finem ; ce serait un résultat heureux, felicem exitum ; elle serait extrêmement agréable au Saint-Siège, Sanctæ Sedi… summopere gratum foret ; l’on souhaite qu’elle s'effectue enfin, tandem ad effectum perducatur ; et pour y arriver, on fait appel à la prudence, à la sagesse, au zèle, et même à l’autorité des évêques, prudentia ac maturitate, operam auctoritatemque.
Pour nous conformer à cette invitation pressante du Saint-Siège, le trois de septembre dernier, nous avons nommé un comité cemposé de Messire J. B. Proulx,
x terme, > biens à
Préfet.
Tyr, Sec.
et les té:
Simeoni chevêque rier, Vous bien cette , le Saint- Ecoles de ès grande portante, ès raisons e rationiim finem ; : elle getæ Sedi….
s'effectue y arriver,
zèle, et aturitale,
sante du us avons Proulx,
Vice-Recteur de l’Université Laval à Montréal, de M. le Dr J. P. Rottot, doyen de la Faculté de Médecine de l’Université à Montréal, et de M. le Dr A. T. Brosseau, professeur titulaire de la dite Faculté, pour s’aboucher, s’il y avait lieu, avec les représentants dûment autorisés de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, dans le but de discuter, ensemble et détails, un projet d'union entre les deux Ecoles de Médecine, avec obligation, pour les membres du susdit comité, de nous faire rapport.
En même temps nous exprimions à ceux qui auraient à discuter cette affaire le désir, que les prétentions légitimes, .’un côté comme de l’autre, fussent respectées, et que, d'un côté comme de l’autre, on fit en vue du bien commun des sacrifices convenables, comme le dit le Saint-Siège, ‘ e libenter onera ferantur quæ ab hac perutili unione requiruntur. ”
Le six de septembre l'Ecole de Médecine nomma pour rencontrer celui que venaient d’instituer les évêques, un comité composé de M. le Dr W. H. Hingston, Président de l'Ecole, et MM. jes docteurs Th. d'Odet d’Orsonnens, L. B. Durocher et L. E. Desjardins, professeurs titulaires de la même institution.
Après mûres délibérations, les deux comités s’entendirent pour effectuer l’union d’après les principes suivants, que les évêques approuvèrent le vingt-six de septembre.
‘1° La charte de l'Ecole pourra être conservée et mise à la base de la Faculté de Médecine de l’'Université, pourvu que cette charte soit amendée de manière
à incorporer civilement toutes les dispositions de la Constitution Jam dudum ;
2° Que tous les membres actuels des deux Ecoles se trouvent, ipso facto, par la passation du bill amendant la charte, membres de la nouvelle Faculté composée des deux corps enseignants aujourd’hui distincts ;
‘8° Que la nouvelle Faculté, composée de tous les membres des deux Ecoles réunies, sera régie d’après la charte telle qu'amendée, et suivant les règlements universitaires, tels que délimités par la Constitution Jam dudum. ”
Quant à la question des biens de l'Ecole, les deux comités se sont entendus, à l’unanimité des six membres présents aux délibérations, sur un moyen bien simple et bien équitable, ce Nous semble, de la régler. Le voici:
‘ Et les biens possédés actuellement par les anciens membres de l'Ecole de Médecine restent leur propriété, et ils peuvent se les diviser entre eux; ou bien, s'ils préfèrent les passer à la Faculté établie
par l’amendement à cet acte, ou à l’Université, il m sera institué, pour veiller à l'équité de cette transac- et tion, un tribunal de trois arbitres nommés l’un par | les anciens membres de l'Ecole, l’autre par l’arche- me vêque et les évêques de la Province de Montréal, et bil le troisième par les deux premiers.” cla
En conformité des principes plus hau usncés, et l'Ecole de Médecine fit préparer un . de bill on
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tituerait et cimenterait civilement son union avec la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal. Ce projet de bill fut lu dans une assemblée générale des deux comités tenue à l’archevêché de Montréal le vingt-huit octobre, à laquelle assistaient le Très Révérend L. D. A. Maréchal, V. G., administrateur de l’archidiocèse de Montréal, représentant autorisé de Sa Grandeur Mgr Edouard-Charles Fabre, archevêque de Montréal; Sa Grandeur Mgr A. Racine, évêque de Sherbrooke; Sa Grandeur Mgr L. Z. Moreau, évêque de St-Hyacinthe; le Rév. J, B. Proulx, curé de St-Lin et vice-iecteur de l'Université Laval à Moutréal ; M. le Dr J. P. Rottot, doyen de la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal; M. le Dr A. T. Brosseau, professeur titulaire de la dite Faculté; M. le Dr W. H. Hingston, président de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal ; MM. les docteurs Th. d’Odet d’Orsonnens, et L. E. Desjardins, professeurs titulaires de l’Ecole de Médecine; et deux jurisconsultes éminents, demandés comme aviseurs légaux par les membres des deux comités, l'Honorable Juge Jetté et l'Honorable Juge Pagnuelo.
L'assemblée se prolongea trois heures durant, la meilleure entente ne cessa d’y régner. Le projet de bill avait été conçu dans un esprit large; chaque clause en fut examinée à loisir. Quelques additions et modifications furent proposées et acceptées ; enfin on finit par s'entendre parfaitement sur tous les détails, Les deux hommes de loi présents furent char-
gés de rendre, d’une manière légale, la pensée unanime de l'assemblée, et de préparer la rédaction cénitive du bill: travail dont ils se sont acquittés depuis, à la satisfaction des deux comités et des évêques de la Province ecclésiastique de Montrée!
N.T.C.F,, si nous vous mettons au courant de tous ces procédés, si nous vous relatons tous ces détails, c’est que nous sommes heureux de vous faire voir que toutes les précautions ont été prises pour respecter les droits d’un chacun, et que les hommes qui ont été chargés de traiter cette affaire, ont su s'élever à la hauteur des grands intérêts qui leur étaient confiés, ayant voulu suivre à la letire cette recommandation du Saint-Siège: ‘“Hæc res minime studiis partium dijudicanda est, sed altius sumenda ralionc æquunimi et iniuitu boni communis, ce n’est point une question à juger par des impressions de partis, mais par des vues de bien public plus élevées et plus sereines.”
Ainsi, d’après cet arrangement, si la iégislature veut bien lui donner force de loi, l'Ecole de Médecine conserve sa charte, et, bien loin de s’éteindre comme corporation, elle vcit sa sphère d'action s’élargir; et, à la faveur de cette nnion, sa vie grandit et s'élève à la dignité d’existence universitaire. D'un autre côté, les décrets romains, et par conséquent les droits de l’Université tels que les délimite à Montréal la Constitution Jam dudum sont amplement respectés, puisque les clauses de ce décret romains, de cette constitution apostolique, se trouvent être virtuellement et essen-
sée unation C6ittés des évêques
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s'élève à autre côté, droits de l la Consés, puisque nstitution
et essen-
tiellement reconnues par le pouvoir civil. L'Ecole de Médecine et la Faculté mettent en commun leurs avantages réciproques qui sont de nature différente : l'Ecole communique à la Faculté ses avantages civils, et la Faculté communique à l’Ecole ses avantages canoniques.
N.T. C.F., vous serez heureux sans doute d’apprendre que les comités, chargés de préparer ce projet d'union, se sont entendus dans un grand esprit de conciliation et de justice : justitia et pax osculatæ sunt. Nous pouvons donc espérer une fin à des divisions qui nous ruinent. La paix renaissant dans notre monde ‘universitaire, les ressources matérielles ne manqueront point d’affluer, les études professionnelles se fortifieront, le haut enseignement prendra un essor nouveau ; et, continuant les traditions de notre passé, dans ceite union bénie du laïcisme chréet des influences ecclésiastiques, nous poursuivrons le développement de nos grandes destinées religieuses et nationales.
C’est prarquoi nous sommes pleins d'espoir que les membres de notre Législature Provinciale, dont on ne peut mettre en doute le patriotisme et le dévouement aux grands intérêts publics, donneront la sanction légale à un projet de loi qui nous paraît si sage et si opportun, comprenant qu’il ne s’agit pas ici d’une question de parti, mais d’une soluticn vaste et large à apporter à de trop longues diflicultés, laquelle ramènera la paix dans les esprits et la prospérité
dans les hautes régions de notre éducation universi taire.
Pour obtenir un aussi heureux résultat, nous comptons en particulier sur vous, Nos très chers collaborateurs, dont le concours nous est toujours si agréable, en même temps que si précieux pour faire réussir nos desseins; et nous avons la douce confiance que, dans cette circonstance solennelle, nos populations si chrétiennes se feront un bonheur de répondre à l’attente de leurs pasteurs et de se conformer au désir de Notre Très Saint Père le Pape.
Dans cette intention et dans le but d'attirer les bénédictions de Dieu sur les démarches qu’il reste encore à entreprendre, nous recommandons cette affaire importante, grave negotium, à vos plus ferventes prières. ‘Apud Deum est sapientia ct fortitudo : ipse habet consilium et intelligentiam (Job, ch. XII, v. 13). En Dieu résident la sagesse et la force ; à lui appartiennent le conseil et la prudence.”
Sera la présente lettre pastorale lue au prône de toutes les églises où se fait l’office public et au chapitre de toutes les communauté religieuses, le premier dimanche après sa réception.
Donné à Montréal sous nos signatures, et le contreseing du chancelier de l’archidiocèse, le huit novembre mil huit cent quatre-vingt-dix.
L. D. A. MARECHAL, V. G., Administrateur de l’archidiocèse de Montréal. T ANTOINE, Ev. de Sherbrooke.
f L. Z,, Ev. de St-Hyacinthe.
18 COMpollaboraigréable, e réussir nce que, ations si e à l’atdésir de
tirer les Pil reste ns cette fervenprtitudo :
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rône de au cha-
le pre-
contrenovem-
ntréal.
Par mandement de M. l'Administrateur et de NN. SS. les Evôques.
J. M. EMARD, Ptre,
Chancelier.