‹ Ma justification pour avoir fait triompher civilement les décrets romains au Canada [microforme]Chapitre 61 sur 76 · DOCUMENT N° XIX · texte numérisé non relu

DOCUMENT N° XIX

SAULT-AU-RÉCOLLET, 22 décembre 1890,

Le Révérend J. B. Prourx,

Curé de St-Lin et Vice-Recteur de l'Université L. M. Mon CHER MoNsIEUR,

J'arrive plus tard que je le désirais, pour vous offrir mes humbles félicitations. Votre succès, dans la cause universitaire de Montréal, a dépassé toutes nos espérances. Tout me portait À me fier à vous: et, pour ma part, je n'ai jamais cru qu’il fût juste de vous accuser de louvoyer, me rappelant que, dans une affaire de cette nature, le système de locomotion ne peut être la vapeur. Il fallait donc vous tenir dans le noble vaisseau de Maisonneuve, arrivant à Québec aux applaudissements des affamés, et cinglant ensuite généreusement vers Montréal, en temps opportun. Monsieur X avait eu la bienveillance de tout m’expliquer, mais je n’ai touché le bill que ces jours derniers, et je vous déclare franchement que je l’ai trouvé si fort, si appétissant, permettez ces expressions, que

j'ai compris qu’il était impossible de ne pas le dévorer,

Tout y est: indépendance, liberté d'action, et, avant tout, garantie de l'influence complète de l’autorité religieuse de notre province sur les faits et gestes des corps enseignants. Vous léguez, par là, à la province

de Montréal une charte vraiment catholique, où tous les droits ont été respectés. Vous avez posé la base

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d’une magnifique confédération de chaiïres de haut enseignement, au sein de laquelle chaque partie pourra croître et se développer, sans crainte de lésion. Et ce qu'il y a de superbe en cela, c’est que.......Mgr Paquet, tout en se donnant malheureusement la satisfaction de dire publiquement pourquoi il s'opposait à la chose, consent tout de même, signe, et décore... Le pays vous accorde l’honneur d’avoir terminé cette interminable affaire à la satisfaction de ous.

Veuillez ne pas croire à autre chose qu’à la plus grande sincérité de ma part ; et, comme vous m'avez donné des preuves de votre confiance en m'’expliquant votre plan de campagne, c'était politesse et reconnaissance de ma part de vous féliciter de votre triomphe. Je prie Dieu qu’il continue à bénir vos généreux efforts, et qu'il vous accorde vie et santé, pour voir prospérer l’œuvre à laquelle vous avez consacré vos plus saintes énergies.

Bien sincèrement, Votre dévoué serviteur,

CHARLES S. BEAUBIEN, Curé.

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