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reux qu'ils ont faits, dans ce sens, en maintes occasions, dans leurs instructions pastorales, qu’il me suffise de rappeler :
1° L’approbation que donnait Monseigneur l’Archevêque de Montréal, après avoir consulté ses suffragants, à la nomination de tous les membres de l’Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal comme Professeurs titulaires de la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal, ainsi qu’au projet d'union, que je soumettais à la ratification du Conseil Universitaire, le 25 septembre 1889.
2° Le télégramme qu’il envoyait à Son Eminence le Cardinal Simeoni, Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, en date du 27 septembre 1889, à propos de l'union, wt Rector Lavallensis inducatur ad statim acceptandum. |
8 La signature qu’il apposa, le 17 novembre, aux propositions que j'avais faites, le 15 du même mois, aux membres de l’Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, disant ‘que je n’avais aucune répugnance à étudier, d’un commun accord, s’il n’y au rait pas moyen de mettre la Charte de l’Ecole à la base de la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal.
4 La lettre de délégation que Nosseigneurs l’Archevêque et les Évêques de la Province de Montréal, m'ont donnée auprès du Saint-Siège, par laquelle ils me chargent d'exposer, entre autres choses, “ l’opportunité qu’il pourrait y avoir d’admettre, à de certaines conditions, dans l’Université la dite Ecole, avec sa charte dûment amendée.”
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De son côté, le clergé du diocèse de Montréal, réuni au Grand Séminaire de St-Sulpice pour la retraite ecclésiastique, exprima, le 21 du mois d'août 1889, dans un document on ne peut plus explicite, qui fut communiqué aux deux Ecoles de Médecine, le désir qu’il avait de les voir s’unir sur des bases honorables. Et le Clergé, au Canada, est encore, sans contredit, le corps le plus puissant pour agir sur l'opinion publique.
La totalité des Professeurs de la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal et la majorité des membres de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, attachent une si grande importance à l’union et l’ont tant à cœur que:
1° Le 20 septembre 1889, ils signaient à l’amiable un acte d’entente, par lequel ils consentaient à constituer ensemble ‘‘ la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal et à fonctionner comme tels, suivant les règlements universitaires ; ”
2° Que, le 12 octobre 1889, dans un document explicatif, ils réaffirmaient que ‘‘tous Professeurs titulaires de l’Université Laval, ils forment la Faculté de Médécine de l’Université Laval à Montréal et donnent l’enseignement universitaire ; ”
3° Que, le 25 novembre 1889, ils s’engageaient ‘à prendre le Pape pour arbitre des difficultés qui ont
empêché jusqu'ici l’union définitive des deux Ecoles, et à s’en rapporter à sa décision ; ”
4 Que, dans le courant du mois de ianvier 1890, la majorité des membres de l’Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, a cru devoir envoyer, au nom de l'Ecole, un délégué auprès du Saint-Siège, dans le but de travailler à lever les obstacles à l’union ;
5° Que, dans le courant de février 1890, la dite majorité des membres de l'Ecole a présenté, à la Législature de la Province de Québec, un bill pour amender la Charte de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, afin de faciliter l’union définitive entre les deux Ecoles ;
6° Enfin, que les anciens Professeurs titulaires de la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal, dans un mémoire à notre Saint-Père le Pape, que j'ai eu l’honneur de soumetire, en leur nom, à Votre Eminence le 6 février 1890, énumérant les sacrifices qu’ils ont faits pour en arriver à cette union, montrent combien ils la jugent désirable. ‘Pour arriver à cette entente, les soussignés durent faire de nouveaux et grands sacrifices ; ils s’engagèrent à donner leurs leçons dans les bâtisses de l'Ecole situées dans un endroit de plus difficile accès que celles qu’ils occupent. et qui sont aussi moins convenables sous tous les rapports. De plus, plusieurs d’entre eux abandonnèr=nt des chaïres qu’ils occupaient depuis dix ans pour en prendre d’autres, se mettant par là dans la nécessité de faire de nouvelles études et de préparer de nouveaux cours.”
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Les trois membres dissidents de l'Ecole de Médecineet de Chirurgie de Montréal, MM. les Docteurs L. B. Durocher, L. A. S. Brunelle et E. A. Poitevin, loin d’être irréconciliables, protestent qu'ils sont, en principe, pour l’union. Ils écrivaient, le 19 novembre 1889, à Sa Grandeur Monseigneur Edouard Charles Fabre, archevêque de Montréal :
‘1° Les trois membres ci-dessus nommés de l’Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal opposent leur dénégation la plus formelle aux bruits qui circulent et qu’on cherche à répandre, disant quils sont opposés à toute union entre la Succursale de l’Université Laval à Montréal et l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal.
‘20 Ils affirment au contraire, et ils tiennent à en faire la déclaration solennelle à Sa Grandeur Monseigneur l’Archevêque de Montréal, qu’ils ont toujours été prêts, et qu’ils sont encore prêts, à accepter tout projet d’union qui soit légal et qui assure à l'Ecole son existence permanente.”
Depuis mon départ du Canada, il s’est élevé parmi les anciens Professeurs de la Faculté de Médecine de l’Université une opposition inquiète à certaines clauses d’un projet d’union définitive, actuellement à l’étude, que le Saint-Siège a trouvé possible et désirable en principe, et qu’il a rehvoyé, pour la délimitation et la
pratique des détails, à là prudence et à la sagesse des évêques de la Province ecclésiastique de Montréal.
Or, ces opposants, je suis heureux de le constater, affirment qu’ils ne sont pas opposés à l’idée de l’union elle-même; loin de là, ils semblent déplorer que le nouveau projet tende à détruire l’entente, signée le 20 septembre 1889 entre les deux corps enseignants. Voici ce qu’ils disent dans une lettre à Monseigneur l’Archevêque de Montréal, en date du 17 avril 1590:
‘ Cependant les Professeurs de la Faculté médicale de l’Université ne sont pas hostiles à toute idée d’union ; ils sont disposés à ouvrir leurs rangs et à recevoir chez eux les Professeurs de l’Ecole, pourvu que... c’est elle (la Charte de l’Ecole) qui a empêché l'union l’automne dernier, et tant qu’elle continuera à exister, elle constituera toujours un danger et une menace pour l’Université.”
‘“ Alors, objectera-t-on, puisque tout le monde, à peu près, désire l’union, comment expliquez-vous qu'elle ne soit pas déjà, depuis longtemps, faite entièrement ? ”
Ah! c’est que, comme dit le poète latin, trahit sua quemque voluptas, chacun la voudrait à sa manière. Pour bien me faire comprendre, il me suffira de citer deux exemples.
Les membres dissidents de l'Ecole de Médecine veulent conserver leur Charte à tout prix: ‘* Depuis 1877, l'Ecole n’a cessé de déclarer qu’elle était prête à
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fonseigneur avril 1590:
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Médecine : ‘‘ Depuis tait prête à
accepter une union, pourvu que sa Charte, son autonomie et ses privilèges soient conservés, non seulement pendant un temps, mais d’une manière permanente.. En conséquence les trois médecins ci-dessus nommés déclarent à Votre Grandeur qu’ils ont toujours été prêts, et qu’ils le sont encore, à accepter une union qui assure à l'Ecole de Médecine la conservation, non seulement temporaire, mais indéfinie de sa Charte, de son autonomie et de ses privilèges.”
Les Professeurs opposants de la Succursale ne veulent pas de cette Charte à aucun prix. “ Cependant les Professeurs de la Faculté médicale de l'Université... sont disposés à ouvrir leurs rangs et à recevoir chez eux les Professeurs de l'Ecole, pourvu que... surtout la Charte de l'Ecole disparaisse pour toujours. L’existence de cette Charte a été la cause de toutes les difficultés qui sont survenues entre l'Ecole et l'Université Laval ; c’est elle qui a empêché le fonctionnement de la Faculté telle qu'organisée par le regretté Mgr Conroy ; c’est elle qui a empêché l’union l’automne dernier, et, tant qu’elle continuera à exister, elle constituera toujours un danger et une menace pour l’Université."”
Entre ces deux extrêmes, selon l’intensité et la couleur des intérêts, des espérances ou des antipathies, on trouve des nuances d'opinion à tous les degrés.
Dans ce chaos d’aspirations diverses, pour produire la lumière, pour créer et établir l’ordre, pour concilier les esprits, pour attirer les volontés vers un même
but, pour désigner un terrain commun où tous les intérêts peuvent raisonnablement se rencontrer, il faudrait qu'il y eût, sur les lieux, connaissant à fond tous les détails de la question ainsi que toutes les sensibilités des susceptibilités locales, une haute et grande influence morale, calme, désintéressée, acceptée de tous, qui parlerait et agirait tanquam potestatem habens. Or, quelle sera cette haute influence ?
Le Séminaire de Québec ?
Non.
Il est censé être partie dans la question, et il a été trop activement mêlé dans les luttes du passé.
Le Conseil Universitaire ?
Non.
Quelque grave, quelque digne qu’il puisse être, et quelque impartial qu’il veuille bien se montrer, il existe encore contre lui, quoique la Constitution Jam dudum soit venue établir pour l’avenir une base indubitable à la confiance, trop de préjugés dans le district de Montréal. La question n’est pas de savoir si c’est à tort, ou à raison. Le fait existe. Quand il s’agit d'accomplir une grande œuvre, toutes les fois qu’il n’y a pas un mal réel à le faire, il faut bien prendre les hommes comme ils sont. Les courants d'opinion changent petit à petit; mais on ne les voit pas, généralement, se détourner, d’aval en amont, en un clin d'œil, du jour au lendemain.
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Si l’on vent un écho du sentiment d’un trop grand nombre, qu'on lise les paroles suivantes: ‘‘ C’est le Conseil de l’Université Laval qui a toujours refusé d'accorder à l'Ecole les conditions raisonnables. Si l'Univn n’a pu être effectuée jusqu’à ce jour, c'est dû aux exigences injustex et partiales de l’Université Laval... Cette union n'a pu être effectuée parce que l'Université Laval a toujours voulu enlever à l’Ecole de Médecine sa belle position et ses grands hôpi-
Je ne tairai pas les remarques que, l’été dernier, j'entendais faire presque chaque jour: “Le Recteur de l'Université Laval ne se gêne pas de dire que l’Univcrsité est venue enseigner à Montréal mal:r6 elle, que Rome l'y à forcé, que la Succursale lui a été imposée; que, pour lui personnellement, il ne desire rien tant que de l’abandonner ; qu’il a fait dans ce sens des démarches auprès du Saint-Père ; que, tout en acceptant avec respect la Constitution Jam dudum, il est mécontent de la manière dont elle a été accordée, qu'elle détruit en grande partie, sans qu’on ait daigné lui demander son consentement, les conditions qui avaient été posées lorsque l’Université avait concédé la Succursale à Montréal, qu’il n’a aucune confiance dans son efficacité, etc. Dans de pareilles dispositions d'esprit, me disait-on, comment pouvons-nous COmpter à Montréal sur le zèle du Recteur, du Président du Conseil Universitaire, pour promouvoir les intérêts du siège montréalais de l’Université, pour protéger et développer ses besoins locaux, pour aplanir
avec bonté et patience les mille difficultés d’une situation délicate et tendue.”
Alors, quelle sera donc cette haute influence morale ?
D’après moi, l’épiscopat de la Province ecclésiastique de Montréal : pourvu que, officiellement et ostensilement, il soit placé, par qui de droit, sur des hauteurs si soreines, dans une position si indépendante, qu’on ne puisse, même chez les plus soupçonneux, suspecter sa complète liberté d'action.
L'épiscopat, chez nous, malgré nos misères, est encore respecté. Il a fait la nation, il a protégé toutes nos libertés religieuses et civiles, et le peuple le sait. Son caractère le met au-dessus des luttes de parti; et son intérêt est de rendre justice à tous les droits, à toutes les aspirations légitimes qui font appel à son impartiabilité. On accepte volontiers, en général, sa mission de diriger dans toutes les matières qui touchent à la foi et aux mœurs; et, dans le cas présent, selon ma manière de voir, il est le seul modé:rateur qui soit acceptable à tous.
J'irai plus loin, toutes nos autres difficultés ne trouveront de solution véritable et durable que dans l’action supérieure, libre, indépendante et efficace de l’épiscopat. En dehors de là, il n’y aura que des triomphes momentanés, des victoires plus désastreuses que des défaites, et des luttes toujours renaissantes, luttes
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d'autant plus déplorables que des prêtres et de puissantes institutions ecclésiastiques y sont mêlés.
Du reste, c’est ce qu’a proclamé hautement, en principe, la Constitution Jam dudum ; il ne s’agit plus que de l’appliquer en pratique, selon le besoin des temps et des lieux, et d'empêcher que cette admirable disposition ne devienne lettre morte. Voici les paroles du document pontifical lui-même :
‘ Les Evêques des deux Provinces de Québec et de Montréal se réuniront tous les ans pour prendre connaissance de l’enseignement et de la discipline de l’Université, et ils détermineront d’un commun accord tout ce qui sera jugé nécessaire suivant le tamps et les circonstances. Nous avons la pleine confiance que, grâce à leur prudence, les moindres germes de désaccord qui se produiront seront immédiatement arrachés et que l’Université fleurira en méritant constamment de nouvelles louanges.”
J'ai cité la traduction qu’on lit dans ‘ Pannuaire de l’Université Laval pour l’année académique 1889- 90.” Le texte latin me paraît encore plus fort, plus explicite; car il dit: idemque omnia quæ eadem super re ratione temporis statuere necesse sit communi consensu decernant. Aïnsi les Evêques ont le pouvoir non seulement de déterminer, decernere, mais encore de décréter, de statuer statuere, et cela avec la latitude qui est laissée à leur prudence de juger eux-mêmes ce que demandent les nécessités des temps, temporis..….… necesse sit.
Je termine.
Déjà, par une lettre de l’Eminentissime Prefet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, en date du 9 février 1890, il a été remis aux soins de l’Archevêque et des Evêques de la Province de Montréal, de prendre, avec l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, des arrangements sur les bases que sont venus exposer auprès du Saint-Siège l’abbé J. B. Proulx, Vice-Recteur de l’Université Laval à Montréal et le Docteur L. Ed. Desjardins, délégué de l'Ecole de Médecine, pourvu que l’on sauvegarde les droits de l’Université et les prescriptions des décrets apostoliques.
De plus, aujourd’hui, je demande humblement, mais instamment, qu’on veuille bien écrire aux mémes dits Archevêque et Evêques, de la part de Notre Très Saint Père le Pape, faisant appel à leur prudence, à leur discernement et à leur autorité, afin que tous, au Canada, sachent bien qu'il leur appartient, par une mission spéciale, de prendre les moyens de régler cette question, de lever les obstacles, d’apaiser les esprits, de demander des sacrifices convenables, et d'amener entre les deux Ecoles de Médecine une union juste et équitable.
Cette lettre, si on juge à propos de l’accorder à ma demande, je la considérerai comme une réponse au paragraphe N° 3 de ma lettre de délégation, lequel, dans mon estimation, n’a en vue que les exigences
1e Prefet de en date du 9 ’Archevêque al, de pren- Dhirurgie de es que sont l'abbé J. B.
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évidemment déraisonnables, de quelque part qu’elles viennent. De par nature, comme par caractère, Monseigneur l’Archevêque de Montréal, dont la devise est in fide et lenitate, est porté à avoir recours, avant tout, aux moyens de douceur et de mansuétude ; même, à l'exemple de ce grand homme de votre Rome antique, je puis dire qu’il pousse la miséricorde usque ad pænitentiam. Du reste, le doux Sauveur n’a-t-il pas dit: Beati mites, quoniam ipsi possidebunt terram ?
Dans cette espérance, que la douceur, unie à la force, suaviter et fortiter, seront l’une et l’autre l'huile et le baume qui cicatriseront les blessures du passé, je demeure avec les sentiments
De la vénération la plus profonde, De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur, Le très hu mble et très obéissant serviteur,
J. B. PROULX, PRE, Vice-Recteur de l’'U. L. M.
Villa della Presentazione, 13, via Milazzo, Roma.