‹ Ma justification pour avoir fait triompher civilement les décrets romains au Canada [microforme]Chapitre 8 sur 76 · CONSIDÉRATIONS SUR LA LETTRE PRÉCÉDENTE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS SUR LA LETTRE PRÉCÉDENTE

Sr-Lin DEs LAURENTIDES, 1‘ janvier 1891.

MonNSIEUR,

J'ai lu, relu, étudié avec soin, avec calme, à la lumière des directions passées et des décisions présentes, dans le fond de ses pensées, dans la forme de ses expressions, la lettre que m'a écrite Son Éminence le Cardinal Simeoni le 12 décembre 1890; et, de plus

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en plus, loin d’en concevoir de l'inquiétude, je l’ai trouvée une merveille de profonde et large diplomatie, une perle de délicatesse et de justice.

Je résume, dans ces quelques notes, mes impressions et mes conclusions; veuillez me dire si elles vous paraissent justes et exactes, comme je me propose d’en faire les principes de ma conduite en cette affaire.

I.—La plainte dont il est question dans la susdite lettre a déplu profondément à Notre Très Saint Père le Pape. ‘‘ Itaque Emi Cardinalis querela SSmo D. N. valdè displicuit.”

Et comment pouvait-il en être autrement, lorsque, au milieu de ce concert de satisfactions unanimes dans la Législature de la province de Québec, et de réjouissances générales dans le district de Montréal, il arrive une note discordante, venant de la part d’un éminent personnage, aussi considéré au Vatican, aussi respecté au Canada ?

Personne n’a eu raison, je crois, d’être plus affecté que moi du sentiment qu'a éprouvé, à l’occasion du bill d’union, Son Éminence le Cardinal Taschereau, et par conséquent d’être plus affligé de la peine et du déplaisir qu’en a ressenti Sa Sainteté.

ITI.—A une plainte aussi formelle, aussi catégorique, aussi digne d'attention, il fallait une satisfaction, nécessairement, immédiatement.

La chose me paraît si naturelle que, si j’eusse connu dans toute sa force l'impression pénible sous laquelle se trouvait Son Éminence le Cardinal Taschereau, et

que j'eu considéi sujet, cc placer « ambigui Maint.

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l'AS Québec ; 2° Non qui est co ‘“ Conq Card. Arc negotio u medicinæ lensis om Præsule ( Quebecen IV.—Q le Cardin sairement l’être tout Quant a seil de l’ qui ont, m

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res elles proette

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que j’eusse cru en être l’occasion principale, j'aurais considéré comme un devoir d’aller, de mon chef, à ce sujet, comme je l'ai fait en d’autres circonstances, placer devant Son Éminence une déclaration non ambiguë et lui donner des explications respectueuses.

Maintenant voyons quelle est la ‘plainte. Voyons quelle est la satisfaction.

III.—La plainte porte sur deux points. Dans l’affaire de l’Union entre l’École de Médecine et la Faculté de Médecine de l’Université Laval de Montréal, tout aurait été fait sans qu’on en donnât avis, ni même connaissance :

1° A Son Eminence le Cardinal Archevêéque de Québec ;

2° Non plus qu’au grand Conseil de l’Université qui est constitué dans la ville de Québec.

‘“ Conquestus est apud Summum Pontificem Emus Card. Archiepus Quebecensis quod in pertractando negotio unionis inter scholam medicam et facultatem medicinæ partis Marianopolitanæ Universitatis Lavallensis omnia acta fuerint inaudito imo inconscio Emo Præsule et summo consilio Universitatis in urbe Quebecensi constituto.”

IV.—Quant au premier point, pour ce qui regarde le Cardinal Taschereau, le Vice-Recteur est-il nécessairement le coupable? Un autre ne pourrait-il pas l’être tout aussi bien que lui?

Quant au second point, pour ce qui regarde le Conseil de l’Université, ne peut-il pas y avoir des raisons

qui ont, malgré le désir qu’on aurait eu d’agir autre-

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ment, empêché de saisir le dit Conseil du projet d’union entre les deux Écoles de Médecine ?

Que le doute soit possible sur ces deux points, que la perapicacité romaine, au milieu des contradictions apparentes du moment, en ait fort bien saisi la possibilité, la chose est évidente par le genre de satisfaction que l’on m’a demandé.

V.—J'ai dit demandé ; car veuillez bien remarquer que Son Éminence le Cardinal Préfet de la Sacrée Congrégation m’a signifié, non un ordre, mais une demande, rogatum, l’expression du bon plaisir du Souverain Pontife, Summi Pontificis placito : ce qui donne, on l’avouera, un air tout à fait bienveillant à une communication, partie d’une autorité si haute pour un fonctionnaire si humble dans l'administration des choses ecclésiastiques.

Toutefois, on le comprend, je ne fais pas cette remarque pour questionner le degré d’obéissance qu’impose cette lettre; car, pour moi, le moindre désir du Souverain Pontife équivaut à l’ordre le plus formel.

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