LIVRE IV
ment mikadoual et dans la pensée de quelques-uns des principaux hommes d'Etat de Tokio. Il convient, il est vrai, d'ajouter que, si d'autres inspirations prévalurent, si la Russie se laissa entraîner à précipiter les étapes et à modifier elle-même le statu quo territorial qu'elle avait eu la sage pensée de conserver et de garantir en 1895, ce fut par la contagion et à l'instigation de la politique allemande, et après que l'empereur Guillaume II, en s'installant lui-même dans la baie de Kiao-tcheou, ouvrit au Tsar le chemin de Port-Arthur. C'est de cette déviation imprimée à la politique russe par la politique allemande, c'est de cette erreur capitale que sont nées l'alliance anglojaponaise de 1902 et, par une conséquence fatale, la guerre russo-japonaise de 1904-1905. Ni le prince Ouchtomsky, ni M. Witte ne prévoyaient, dans cet été de 1897, que le grand ouvrage dont ils étaient les artisans tlût être, à si bref délai, détourné et interrompu, et qu'il fallût que la Russie et le Japon, avant de s'entendre, avant de conclure les heureux et féconds accords qui devaient être signés dix ans plus tard, se mesurassent d'abord les armes à la main dans ces plaines et vallées de Mandchourie où ils se partagent aujourd'hui l'exploitation de la ligne transsibérienne.