‹ Ma mission en ChineChapitre 56 sur 180 · LIVRE II 9T · texte numérisé non relu

LIVRE II 9T

n'était pas Thumeur de M. O'Gonnor qui, après avoir joui d'un grand crédit auprès des ministres chinois^ se sentait désormais moins en faveur et qui prit peu* à peu vis-à-vis du gouvernement impérial une attitude de reproche et de plainte. Le gouvernement britannique,, avec son tact habituel, comprit qu'il y avait intérêt à ne pas laisser son représentant dans cette posture difficile. Il eut, d'ailleurs, la générosité de lui prouver sa haute estime et sa confiance en le transférant de la Légation de Pékin à l'ambassade de Saint-Pétersbourg. Le premier secrétaire de la Légation, M. Beauclerck, gendre de sir Robert Hart, fut nommé chargé d'affaires jusqu'à la désignation d'un nouveau ministre. En attendant, le Foreign Office se réserva de traiter lui-même et directement avec la Légation de Chine à Londres la plus importante des affaires qu'il eût, à ce moment, à cœur de résoudre : je veux dire la revision de a convention sinobirmane du 1" mars 1894. Cette négociation, menée à Londres entre lord Salisbury et le ministre de Chine, devait être singulièrement longue et difficile. Elle n'aboutit qu'au mois de février 1897, alors que, depuis l'année précédente, depuis le 15 janvier 1896, un accord était intervenu entre la Grande-Bretagne et la France, danslequel les questions relatives à notre frontière du Mékong avaient été résolues à notre satisfaction et avantage. La signature matérielle de la nouvelle convention sinobirmane, ainsi amendée, eut lieu à Pékin le 4 février 1897 entre Li Hong-tchang et sir Claude Maxwell Mac Donald, successeur de M. O'Connor. La signature de cette nouvelle convention entraîna, d'ailleurs, à son tour, entre la Légation de France et le Tsong-li ya-men, une autre série de négociations dont le résultat, qui sera ultérieure-

ment exposé, nous assurait l'extension et le complément des avantages déjà obtenus par les conventions francochinoises du 20 juin 1895. La France conservait intacte, et en commun avec la Russie, la situation que nous avait acquise la politique poursuivie avec une constante persévérance par nos gouvernements.

Li Uong-tchang, qui, depuis la signature du traité de Shimonoseki et son retour à Tien-tsin, s'était d'abord retiré dans son yamen de vice-roi, où cependant Wang Wen-chao exerçait l'intérim de la vice-royauté, avait été, vers la fin d'août, brusquement appelé à Pékin et remplacé définitivement par Wang Wen-chao dans les deux postes de vice-roi et de commissaire impérial des ports du Nord. Le décret, en date du 28 août, qui appelait Li Hong-tchang à Pékin, mentionnait seulement « qu'il •entrerait au Conseil privé pour s'occuper des affaires » . Mais le vrai motif de cet appel et de cette nomination, c'était la résolution prise par l'Empereur et le grand Conseil de confier au signataire du traité de Shimonoseki le soin de négocier avec le nouveau ministre du Japon, -M. le baron Hayashi (Tadasu), qui était arrivé à la fin •de juin à Pékin, les derniers accords et arrangements destinés à compléter et à parfaire l'œuvre du traité de Shimonoseki, à savoir la convention de rétrocession du Leao-tong et le traité de commerce prévu par l'article VI du traité de paix. Li Hong-tchang restait ainsi jusqu'au bout, par la volonté de l'empereur Kouang-siu, et, d'ailleurs, selon le désir même du gouvernement japonais, l'homme d'État qui, considéré sans doute selon les idées chinoises comme le plus responsable de la dernière guerre et des revers de la Chine, était aussi, d'autre part, le plus apte à achever, au mieux des intérêts

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