‹ Ma soeur et ma place; comédie-vaudeville en un acteChapitre 12 sur 27 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

MINA,paw, DORNABRUCK.

IIINA. Il part... je n'en reviens pas!., m'aime-t-il? m'adorel-il?.. ou se moque-t-il de moi?., on n'a jamais laissé une femme dans une pareille alternative !

DORNABRUGK, entrant. Mina, ma sœur!., tu ne sais pas ce qui arrive ?

MINA. Qu'est-ce que c'est?

DORNABRUGK. Le prince !

MINA. Le prince!

DORNABRUGK. Il vient ici.

MINA. Allons, l'un arrive... l'autre s'en va... on ne sait plus sur quoi compter.

DORNABRUGK. Oui, SOUS prétexte de visiter quelques places 101 tes, dans un instant il sera ici. .. Tu n'es pas mariée ?

MINA. Moins que jamais.

DORNABRUGK. Je frémis!., oh! ma sœur! oh ! ma place !

MINA. Crois-tu donc que l'on soit si tenté de ton portefeuille!..

DORNABRUGK. Si je le crois 1 mais que j'aie le malheur de le laisser aller, il ne tombera pas à terre... il y a toujours une foule de bras , qui allongent des mains ! si pourtant tu veux me seconder j'ai un moyen...

MINA. Vous avez un moyen! et quel est-il? DORNABRUGK. C'est pendant le séjour du prince dans ce chAteau, de passer pour la femme d'Ernest.

MINA. Y pensez-vous... M. Eruest, mon mari... je n'y consens pas...

DORNABRUGK. Comment, c'est toi qui mets des obstacles... eh qtioi ! c'est la nature qui se révolte!

MINA. Il me semble...

DORNABRUGK. Tu me refuses un léger service , quand moi je n'ai pas hésité entre ta vertu et mon portefeuille, les deux choses les plus fragiles .. {Priant.) C'est ma seule branche de salut.

MINA. Vous nr pouvez pas vous retenir h une autre branche ?. .

DORNABRUGK, lui prenant la main. Ma petite Mina , ma petite sœur.

MINA. Allons, si ça peut vous saurer.

DORNABRUCR. Ah! je respire!., que d'esprit que d'imagination... de détours... la tête d'un diplomate est un labyrinthe... le prince peut venir quand il voudra.

UN DOMESTIQUE , entrant. Monsieur le comte , voici une lettre de M. Ernest.

DORNABRUCK. Une lettre... quand il peut me parler!.. (Il lit.)« Une affaire imprévue m'appelle à l'instant à Paris, craiwgnant de ne pouvoir résister à votre bonne amitié, je pars «sans vous faire mes adieux. » Que vois-je!.. qu'on le retienne!..

LE DOMESTIQUE. Il est parti...

MINA, à part. Il ne m'aimait pas.

DORNABRUCK. Parti... mais c'est un poignard qu'il m'enfonce dans le cœur... mais, j'en ai absolument besoin... courrez tous... emparez-vous de lui... de force même s'il le faut... je vous récompenserai... allez... allez...

Le domestique sort.

MINA. Il me semble que les convenances.. .

DORNABRUCK. Les convenances! quand mon portefeuille galoppe sur la grande route... je ne suis pas tranquille.

Air : Restez, restes, troupe jolie.

J'ai des pres.sentimeas sinistres , Pour les yacances ^uc je prends ; Laisser un état sans ministre !

C'est dangereux de notre temps , On perd aisément la mémoire.

Et si leur absence durait ; Le peuple finirait par croire, Qu'on peut s'en Classer tout-à-fait 1

MINA. Une chaise de poste entre dans la cour. DORNABRUCK. Celle d'Ernest ?

MINA. Non, une dame en descend.

DORNABRUCK. C'est la baronne... dans un pareil moment, je voudrais la voir à tous les diables.

MINA. M. Ernest est avec elle !

DORNABRUCK. Emest!.. elle nous le rend... cette femme est charmante... sa présence m'annonce toujours le bonheur... tu désirais la connaître... tu verras que d'esprit, de finesse... elle est pétrie de qualités... surtout pas un mot devant elle... elle est si indiscrète il faut la tromper la première.

i8 MINA. Silent-e... les voici.

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