SCENE IX
Les Mômes, EUNEST.
ANDRÉ, bas à Ernest. Monsieur, vous v'ià vis-à-vis d'elle...
courage!
ERNEST. Taisez-vous... avez-vous tout préparé pour partir ?^ ANDRÉ. Oui, monsieur, j'ai tout préparé. [A part.) pour
rester.
Il aort.
ERNEST, d part. Que veut il dire?., si pourtant!.. Ah!., que m'importe, elle e.st à un autre!
MINA, dpart. André a peut-être raison, s'il était anioureu.x de moi ! il faut l'cncouragrr. (Haut.) Vous me cherchiez, moii- >ieur Ernest ?
ERNEST. Oui, madame, je n'ai jamais en un si grand désir de vous voir.
MINA. Ce que vous avez à me dire est donc bien pressé !
ERNEST. Très pressé, madame, je n'ai point une minute ;\ perdre.
MINA , à part . Comme il est ému !
ERNEST. Si vous saviez ce qui se passe en moi, il m'est impossible de rester plus long-temps près de vous... exposé i\ vos regards...
MINA , à part. Quel feu f
ERNEST. C'est un tourment continuel.
MINA, à part. Il va me faire une déclaration superbe, mon frère sera bien content... et moi aussi, je crois.
ERNEST. Que de droits vous avez sur mon cœur.
Air de Renaud de Montauban.
Qne j'ai pour tous d'estime d'amitié, La reconnaissance m'enflamme!
A vous enfin, je suis lié.
Par tous les sentimens, madame.
MINA., d part.
Voyons s'il n'en oublie aucun ?
II a d'abord dit : l'estime, je pense. Puis l'amitié, puis la reconnaissance...
Je crois qu'il en manque encoie un !
Oh! il va venir. (Haut.) Mais qu'ai-je donc pour mériter tout cela ?
ERNEST. Pouvez-vous le demander?., ce charme que vous mettez dans tout ce que vous faites... ces soins si doux dont je fus l'objet , cette boulé si touchante. Oh I non , non , madame , j'en dois garder un souvenir éternel ; et tout ce que vous avez su m'inspirer.
MlWj minaudant. Ernest... de grâce...
ERNEST. Je dois vous le prouver à l'inslant même... en vous quittant.
MINA, surprise. Fn me quittant! comment, monsieur! ERNEST. Oui, oui, madame, je sais ce que je dois faire. MINA , d part. Mais au contraire , il ne le sait pas du tout. {Haut.) Monsieur, et mon frère?
EHNEST. Oh!., j'y ai songé... je sais qu'il m'aime beaucoup et qu'il ferait tout pour me retenir... mais soyez tranquille... je remplirai mon devoir. . adieu madame.,, passer sa vie auprès
de vous, c'est le comble de la félicité... qu'un autre jouisse de ce bonheur! moi, je pars...
Il sort vivement.