‹ Ma soeur et ma place; comédie-vaudeville en un acteChapitre 5 sur 27 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

DORNABRUCR, ERNE.ST. ^

ERNEST , à part. Bon ! il est seul !

DORNABRUCK , d part se frottant tes mains. J'ai de l'imagination , ce matin !

ERNEST, le regardant. Il a l'air bien disposé, c'est le moment de lui demander la main de sa sœur.

DORNABRUCR. Ah ! ah î c'est vous mon jeune ami?

ERNEST. A vos ordres, monsieur le comte... (^ part.) C'est que c'est un parti superbe!

DORNABRUCK. Quel air de santé Yousavez!.. que j'ai de plaisir à vous voir bien portant!

Il lui prend la main.

ERNEST, à part. Brave homme!.. Je m'en voudrais de m'être fait aimer de sa sœur, avant de l'en avertir.

DOBNABBVCK.

t Air : de l'Avare.

Cher Ernest je ne puis vous dire Combien je m'intéresse à vous 1

ERNEST , d part.

Ma foi tout semble ne sourire.

DORNABRUCK.

■) luawî ■'■ „ . . , . ,

franchement je serai; jaloux

De vous fixer au près de nous...

- Je vous vois et je suis sincère ,

En Frère encor plus Cfu'en ami..,

ERNEST, à part.

t'uisqu'en IVère il me voit ici.

Tâchons que ce soit en beau-frère P

DORNABRUCK, avec cordialité. Pour vous prouver quelle con fiance j'ai en vous, je veux vous faire part d'un secret d'oi"i dépend mon bonheur.

ERNEST. Vous pouvez compter sur ma discrétion... j'aurai moi-même aussi à vous parler.'

DORNABRUCK. Je VOUS suis tout (lévoué... apprenez donc, mon cher ami, que je suis marié!..

ERNEST. Marié!., vous, monsieur le comte?

DORNABRUCK. Silence... si le prince le savait!..

ERNEST. Quelle est la cause de ce mystère ?

DORNABRUCK. Voici. (.,i/;ar«.) Tournons lui fa d'une manière bien vraisemblable. [Haut.) J'étais depuis long-temps amoureux fou. d'une jeune personne qui m'adorait,, .

ERNEST. Pa.s possible !

DORNABRUCK. Mais le prince de son cAtè voulait me marier. . pour satisfaire ma passion , sans nuire à ma position politique , je ne ▼<« pas i\o. meilleur moyen qu'un mariage se(M'ct...

ERNEST. Ah ! quelle histoire 1

DORWABRUCK. Oui, oui c'est un petit romau... (A part.) Je suis délicieux! (Haut.) Apr«vs avoir donné quelque temps à l'amourconjugal. Je re,viii.s près du granddnt; et laissai ma femme Wiule dansée <;h.1teau solitaire... mai» elle s'ennuya elle voulait mv voir... voir ta cour... elle pne menaça de vonir ra« trouver... '' . I'

ERNEST. Pourquoi ne pas avouer au Prince ?..

DORNABRUCK. C'est qu'il est jeune et joli garçon le Prince... et surtout fort mauvais sujet.

ERNEST. Je comprends.

DORNABRUGK. Il aurait certainement distingué ma femme... il aime tant ses minisires!

ERNEST. Il les traite en amis intimes.

DORNABRUGK. Oui, et puis il nous fait plier sous le poids de sa munificence.

Air : </e tait attacher des rubani.

Sans songer qu'il va noBS blesser , A notre honneur quand il fait une tache , Gomme il sait bien qu'il ne peut l'elFacer; Sons une croix aunsilôt il la cache.

ERKBST.

En pareil cas de cordons , de faveur, En vain un souverain nous charge; Car pour couvrir le déshonneur Il n'a jamais de ruban assez large , Car pour couvrir le déshonneur , Est-il un ruban a^sez large?

DORNABRUGK, lui prenant la main. Jeune homme, voilà des sentimens !. . [À part.) Est-il arriéré?

ERNEST. Que fites-vous, alors?

DORNABRUGK. Persuadé que le Prince aurait plus de respect pour une demoiselle que pour une femme mariée... je présentai la comtesse , sous le nom de ma sœur.

ERNEST. Que dites-vous?., quoi ! votre femme?

DORNABRUGK. N'est autre que Mina qui passe ici pour ma sœur.

ERNEST , a part Grand Dieu ! elle n'est plus libre! DORNABRUGK, dpart. Comme il est ému!., j'ai frappé juste. .. (Haut.) vous m'aiderez de vos conseils, n'est-il pas vrai ?

EKJiEST , avec distraction. Certainement... monsieur le comte... si je pouvais...

DORNABKUGK. Mais VOUS avez quelque chose à dire!

ERNEST. Qui?., moi... non rien... Je vous assure .

DORNABRUGK. Cependant en entrant.. .

ERNEST, cherchant. Ah! oui... d'abord... je croyais... je venais pour... pour vous faire mes adieux...

DORNABRUGK. Vos adieux! {A part.) Il n'y est plus, il perd la tête. (Haut.) Allons donc, vous plaisantez... partir... à pré-

Ma sœur et ma place. a

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sent moins que jamais... est-ce que nous pouvons nous passer de vous?

ERKEST. Certainement si je pouvais je serais enchanté.

DORNABRUGK, d pari. Il serait enchanté , je suis sûr qu'il est déjà amoureux... il est à nous... comme je distille la perfidie!.. Je ne me suis pas rouillé du tout. (Haut.) Au revoir, moucher

ami, au revoir.

Il sort.

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