MINNA A BERLIN
l’inquiétante incertitude de nos ressources ; Minna ellemême devait souhaiter une amélioration de position avant de songer à s’unir à moi. Elle eut bientôt à s’en occuper sérieusement par suite des ennuis que lui valait sa situation au théâtre de Magdebourg. On lui avait donné dans les rôles qui étaient de son ressort une concurrente très dangereuse, car c’était la femme du régisseur en chef. Minna avait reçu au début de l’hiver des offres avantageuses du théâtre « Konigstâdt », de Berlin, qui faisait alors de brillantes affaires. Elle profita de cette circonstance pour rompre complètement avec Magdebourg, et moi, dont elle ne semblait s’inquiéter nullement ; je fus pris d’une véritable anxiété. Je ne pus l’empêcher d’aller se présenter à Berlin sans s’inquiéter du contrat qui la liait encore à Magdebourg. Quand elle partit, elle me laissa rempli de douleur et avec des doutes réels sur les vrais motifs de sa conduite. Dans mon agitation, je lui écrivis des lettres passionnées, la suppliant de revenir, et, afin de la persuader de ne pas séparer nos destinées, je lui fis une demande en mariage en règle.
Précisément à la même époque, il se trouva que mon beau-frère Wolfram, qui s’était aussi brouillé avec Bethmann et avait rompu avec lui, dut aller jouer de passage à ce même théâtre « Konigstâdt ». Ma sœur Clara, qui était restée seule à Magdebourg, dans une situation peu agréable, s’aperçut de l’humeur soucieuse de son frère, si gai d’ordinaire. Un jour, elle jugea que le moment était venu de me montrer une lettre de son mari et datée de Berlin. Il lui parlait de Minna et exprimait son regret sincère de me voir épris d’une personne indigne de moi ;
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