TEXTE D’UN OPÉRA-COMIQUE
Comme titre, ce récit portait, si je ne me trompe : Ruse d'homme est plus grande que ruse de femme. De Bagdad, je transportai l’action dans nos contrées et l’habillai de costumes modernes.
Une jeune femme voit sur l’enseigne d’un joaillier la devise ci-dessus. Sa susceptibilité en est froissée. Soigneusement voilée, elle entre dans la boutique, et, causant avec le jeune orfèvre, elle lui dit qu’ayant admiré l’élégance de ses bijoux, elle s’est sentie prise de confiance en son bon goût et vient lui demander son avis sur la beauté des différentes parties de son corps. Et elle découvre son pied, sa main, et voyant l’effet qu’elle produit sur l’expert, elle finit par ôter le voile qui cache son visage. Elle confie alors au joaillier que son père la tient étroitement emprisonnée et écarte tous les prétendants en assurant que sa fille est un monstre de laideur. Sans doute il agit ainsi pour éviter de lui donner une dot. Le jeune homme jure de ne pas se laisser décourager par la folle opposition du père et de lui demander sur-le-champ la main de sa fille. Ainsi dit, ainsi fait. Le vieil original accorde son enfant en mariage au trop confiant prétendant. Mais lorsque, après la signature du contrat, on amène au fiancé la fille véritable, il s’aperçoit à son immense effroi que le père n’avait point menti. Alors sa belle ennemie s’approche de lui, et, après avoir joui de son désespoir, elle lui offre son aide pour le tirer de ce mauvais pas, à condition qu’il enlève la devise de son enseigne.
A partir d’ici, j’inventai une variante nouvelle du motif principal. Déjà le joaillier, hors de lui, va arracher