‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 179 sur 285 · DIRECTEUR DE MUSIQUE EN · texte numérisé non relu

DIRECTEUR DE MUSIQUE EN

les vides par des acteurs de passage ou par de nouveaux engagements, et en cela je lui étais véritablement utile par ma grande activité. Du reste je faisais preuve d’une énergie peu commune et c’est avec une ardeur infatigable que j’aidais à maintenir à flot le bateau désemparé du théâtre. Je m’efforçai aussi de supporter de sang-froid la conduite grossière d’une clique d’étudiants parmi lesquels mon prédécesseur avait trouvé moyen de me faire des ennemis. Ma direction ferme avait fini par venir à bout de la résistance primitive de l’orchestre, mais lorsque après tant de peines je crus avoir jeté les bases de ma considération personnelle, il me fallut malheureusement constater que, par sa gestion, le directeur Hübsch avait déjà exigé de trop grands sacrifices de la caisse pour qu’on pût espérer pouvoir résister à cette saison ennemie des représentations théâtrales. Au mois de mai, Hübsch me déclara qu’il était arrivé au bout de ses ressources.

Alors, mettant en œuvre toute ma force de persuasion, je réussis à le décider de persévérer encore et lui soumis des plans qui présentaient des chances de ramener le public. Mais cela n’était possible qu’avec le secours des acteurs et s’ils consentaient à renoncer provisoirement à une partie de leurs gages. Cette mesure provoqua une irritation générale ; je fus obligé d’en expliquer la nécessité aux mécontents et d’essayer de les calmer. Moi-même je me vis ainsi dans l’impossibilité presque absolue de subvenir à ma propre subsistance, car les difficultés qui dataient encore d’avant mon mariage devenaient de jour en jour plus

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