‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 186 sur 285 · HUMEUR BIZARRE DE MIN N A · texte numérisé non relu

HUMEUR BIZARRE DE MIN N A

sation de notre existence domestique avant de m’être occupé d y donner une base solide. C’est pourquoi, après huit jours pénibles de vie commune dans les conditions les plus désagréables, je partis pour Berlin afin de conclure un engagement définitif avec le futur directeur du théâtre de Riga. J’y réussis, et même si avantageusement que j’osais espérer pouvoir subvenir seul aux besoins de notre ménage. De cette façon, Minna pourrait quitter les planches, ce qui me délivrerait pour l’avenir d’inquiétudes et d’humiliations. nL.

De retour à Dresde, je développai mes projets ; ils furent accueillis d’une oreille assez favorable. Pour commencer, je décidai Minna à quitter l’étroit logis de ses parents et à s’installer avec moi à la campagne, à Blasewitz, près de Dresde, en attendant le moment de partir pour Riga. Nous prîmes une chambre modeste à 1 hôtel situé au bord de l’Elbe. J’en connaissais le jardin pour y être venu souvent dans mon enfance. L’humeur de Minna sembla réellement s’améliorer. Elle m’avait prié de ne la tourmenter en rien; j’usai donc des plus grands ménagements et au bout de quelques semaines, je croyais la période d’inquiétude passée. Aussi fus-je d autant plus étonné de voir ma femme redevenir morose sans que j’en comprisse la raison. Elle me parla d’offres avantageuses qui lui avaient été faites par différents théâtres et me surprit un jour en m’annonçant son intention de faire un petit voyage d’agrément avec la famille d’une de ses amies d’enfance. N’osant exercer sur elle aucune contrainte, je ne m’opposai point à cette absence qui allait l’éloigner de moi pendant toute une semaine. Je

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