NOUVELLE FUITE DE MINNA
promis d’attendre son retour tranquillement à Blasewitz. Quelques jours plus tard, je recevais la visite de sa sœur aînée. Elle venait me demander l’autorisation écrite nécessaire pour qu’un passeport pût être délivré à ma femme.
Très étonné, j’allai à Dresde interroger mes beauxparents sur les intentions de leur fille. Ils me répondirent grossièrement en me reprochant ma conduite envers Minna et mon incapacité à l’entretenir. Lorsque je demandai des renseignements sur le lieu où elle se trouvait et sur ses projets, ils me firent des contes invraisemblables.
Je retournai donc dans mon village en me figurant les choses les plus cruelles et ne comprenant rien à ce qui m’arrivait.
Je reçus bientôt de Kônigsberg une lettre de Mœller qui m’éclairait sur mon infortune. Le fameux Dietrich était parti pour Dresde et on me nommait l’hôtel où il était descendu. La lumière odieuse qui tombait sur la conduite de Minna m’atteignit comme un éclair. J e courus en ville à l’hôtel désigné et j’appris qu’en effet Dietrich s’y était arrêté, mais il en était reparti et Minna avait disparu avec lui.
J’en savais donc assez et j’étais en droit de demander au destin par quelle cruauté il m’avait imposé, si jeune encore, cette cruelle expérience, qui devait empoisonner toute ma vie.
Dans ma douleur immense, je me tournai vers ma sœur Ottilie et son excellent époux Hermann Brockhaus. Ils étaient mariés depuis quelques années et habitaient à