‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 192 sur 285 · COMPOSITIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

COMPOSITIONS DIVERSES

avant que la troupe d’opéra fût au complet. Nous montâmes donc un petit opéra-comique de C. Blum, Marie , Max et Michel . Holtei y intercala pour l’acteur Günther (une très bonne basse) un air dont il avait fait les vers et que j’avais mis en musique. Cela commençait par une introduction sentimentale et se terminait par un joyeux rondo militaire ; on en fut très content. Plus tard, je composai aussi un air pour Scheibler, notre seconde basse, qui chantait dans la Famille suisse. C’était une sorte de prière qui, non seulement plut au public, mais me satisfit moi-même : cette composition était un premier indice du grand changement qui se préparait dans mon développement musical. Pour la fête de l’empereur Nicolas, je fus chargé de la musique d’un hymne national, écrit par Brakel; je m’efforçai de lui donner une couleur despotique et patriarcale. Je ne remportai pas un médiocre succès avec cette œuvre, car pendant assez longtemps on la répéta chaque année à la même date.

Holtei essaya de me persuader d’écrire pour le personnel que nous avions à notre disposition un opéracomique facile et plaisant, ou mieux encore une opérette Je lui montrai le texte de mon Heureuse famille d'ours, et, comme je l’ai dit, Holtei le jugea très favorablement. Mais en revoyant les quelques pages que j'avais écrites là-dessus à Konigsberg, je ressentis un véritable dégoût pour ce genre de musique. Je fis cadeau du livret à un brave musicien sans grand talent, mon ami le directeur Lœbmann, qui était sous mes ordres, et je ne m’en suis plus occupé de^ma vie.

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