‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 249 sur 285 · RIENZI » ACHEVÉ · texte numérisé non relu

RIENZI » ACHEVÉ

porté à Schiltz, qui consentit à le corriger ; toutefois, il me fallut lui abandonner la moitié de mes honoraires. Je fus d'ailleurs débarrassé du reste de la commande et les soixante gros volumes reprirent le chemin de l'extraordinaire magasin de la rue Richelieu.

Je me voyais donc de nouveau sans gagne-pain. La misère grandissait au logis, mais j'avais recouvré ma liberté et le temps de mettre la dernière main à Rienzi. Le 19 novembre, je terminai enfin ce volumineux opéra.

Je m'étais décidé à l'offrir au Théâtre de la Cour, à Dresde, afin de me procurer ainsi, en cas de succès, mes entrées en Allemagne. J'avais choisi Dresde, parce que je savais y trouver Tichatscheck, le meilleur ténor pour mon rôle principal ; puis je comptais sur la protection bienveillante de Mme Schrôder-Devrient, qui, en son temps, s'était déjà, par amitié pour ma famille, vainement efforcée de faire accepter mes Fées au théâtre de Dresde. De plus, je connaissais le secrétaire du théâtre, le conseiller Winkler (Théodore Hell), vieil ami de notre famille, ainsi que le maître de chapelle Reissiger, avec lequel j'avais passé une joyeuse soirée, à l'époque où Apel et moi nous faisions notre voyage en Bohême. A toutes ces personnes j'écrivis des lettres persuasives sur la question ; j'y ajoutai une demande officielle à l'intendant, M. de Luttichau, et même un placet en forme au roi de Saxe, et, enfin, je me préparai à expédier le tout.

Je n'avais pas omis d'indiquer exactement, à l'aide du métronome, le mouvement des temps ; mais, ne possédant pas cet instrument, j'avais dû en emprunter un. Or, un matin, je me mis en devoir d'aller rendre à son

Page 1