‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 267 sur 285 · VAINS EFFORTS · texte numérisé non relu

VAINS EFFORTS

(le Vaisseau fantôme) lui avait plu ; mais, en me l’apprenant, il me demanda de lui céder ce texte parce que, d après certaines conventions, il devait fournir à différents compositeurs des sujets de petits opéras.

Je cherchai alors a convaincre Pillet de vive voix et par écrit que 1 on ne pouvait espérer un succès qu’en me confiant, à moi, le développement et la composition de cette esquisse. Je serais alors sur mon vrai terrain, car l’ébauche que je lui avais fournie netait qu’une indication. Mes raisons ne servirent à rien et le directeur m’expliqua franchement ce qu’il en était des espérances dont je croyais avoir le droit de me bercer sur la recommandation de Meyerbeer.

( ^ ne P ouva -it être question de la moindre commande d opéra avant sept ans, car la direction avait pris des engagements qui s’étendaient jusque-là. Je devais donc etre raisonnable et céder mon projet de libretto moyennant un petit dédommagement. Si je tenais absolument à me risquer au Grand Opéra, Pillet me conseillait de m’adresser au maître de ballet et de m’entendre avec lui pour un nouveau « pas » que je pourrais mettre en musique.

Cette proposition ne m’inspira qu’une répugnance non déguisée et le directeur m’abandonna tranquillement à mon obstination. Après bien des difficultés, je parvins à parler à Edouard Monnais que j’avais connu à la rédaction de la Gazette musicale et qui était commissaire des théâtres royaux. Je lui demandai son appui. Il prit connaissance de mon esquisse de libretto et me déclara crûment qu’il ne comprenait pas que Pillet l’eût trouvée à son goût, mais puisque, pour son malheur, il en était

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