‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 268 sur 285 · ABANDON DU « VAISSEAU FANTÔME · texte numérisé non relu

ABANDON DU « VAISSEAU FANTÔME

féru, il fallait profiter de cette disposition et accepter bien vite le dédommagement qu'on m'offrirait pour ce texte. Il avait appris du reste qu’on l'avait déjà montré au librettiste Paul Foucher, beau-frère de Victor Hugo, et que celui-ci prétendait que cette idée n’était pas nouvelle, le sujet du Vaisseau fantôme étant déjà connu en France. Je compris alors où j'en étais et me déclarai prêt à répondre au désir de M. Pillet. J’assistai à 1 entrevue qu'il eut avec M. Foucher, et, grâce à son intercession, celui-ci consentit à me céder cinq cents francs sur les droits d’auteurs qui lui seraient payés par la caisse du théâtre à l'époque des représentations. Cette somme me fut comptée sur-le-champ.

Ma villégiature dans l'avenue de Meudon prit alors une autre physionomie. Ces cinq cents francs allaient me permettre d'écrire et de composer immédiatement mon Fliegender Hollaender que je destinais à 1 Allemagne, tandis que j’abandonnai le Vaisseau fantôme a son sort en France.

En concluant cette affaire, j’avais amélioré un peu ma situation qui devenait de plus en plus désespérée. Nous avions passé les mois de mai et de juin dans une détresse croissante. Au début, la belle saison, 1 air de la campagne, le soulagement d'être délivré des pénibles travaux de manœuvre musical auxquels j avais passé tout l’hiver, avaient éveillé en moi un sentiment d espérance et m'avaient poussé à écrire une petite nouvelle, Un soir heureux , publiée par la Gazette musicale. Mais bientôt nous ressentîmes les suites du dénuement complet où nous nous trouvions. Le manque absolu de res-

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