‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 4 sur 285 · IL DEVIENT MON BEAU-PÈRE · texte numérisé non relu

IL DEVIENT MON BEAU-PÈRE

tude pour les sept orphelins. Une amélioration de sa situation pécuniaire, qui survint tôt après, lui fut d'un grand secours dans la lourde tâche qu’il avait assumée : il fut appelé au nouveau théâtre royal de Dresde pour y jouer les rôles de caractère. C’était une position stable, avantageuse et honorable. De plus, son talent de peintre, auquel il avait eu recours pour se maintenir à flot au temps de sa plus grande misère, alors qu’il avait été forcé de renoncer à ses études universitaires, fut remarqué à Dresde. Bien qu’il regrettât, plus encore que ses critiques, de n’avoir pu faire des études de peinture régulières et méthodiques, il était si bien doué, pour le portrait surtout, que les commandes lui arrivèrent en masse. Mais ce double effort de peintre et de comédien l’épuisa avant l’âge. Lors d’une tournée qu’il fit à Munich, au théâtre royal, des familles de grande qualité de la cour bavaroise lui demandèrent, grâce à la recommandation de la cour de Saxe, tant de portraits, qu’il crut devoir interrompre et même cesser tout à fait ses représentations.

Geyer avait aussi la fibre poétique. Il tournait joliment les vers à l’occasion, et composa quelques comédies. L’une d’elles, le Massacre des Innocents, en vers alexandrins, fut jouée souvent; imprimée, elle lui valut un amical éloge de Goethe. Cet homme distingué, sous la conduite duquel ma famille alla s’établir à Dresde dès ma deuxième année, et dont ma mère eut encore une fille, Cécile, s’occupa de mon éducation avec autant de soin que d’affection. Désirant m’adopter tout à fait, il m’inscrivit sous son nom lorsqu’il me mit à l’école, de sorte que, jusqu’à l’âge de quatorze ans, j’ai été Richard Geyer pour mes camarades de

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