‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 48 sur 285 · LEÇONS DE VIOLON · texte numérisé non relu

LEÇONS DE VIOLON

La symphonie n’avait alors pas encore été arrangée pour le piano ; elle avait eu si peu de succès auprès du public que l’éditeur n’avait pas jugé nécessaire de la publier sous cette forme. Je me mis donc à l’œuvre et je réussis vraiment à en achever un arrangement complet pour piano, que j’essayai de jouer. Je l’envoyai à l’éditeur de Beethoven, Schott, à Mayence; il me répondit qu’il n’était pas encore décidé à faire paraître mon arrangement pour piano de la neuvième symphonie, mais qu’il garderait volontiers ce sérieux travail, et, en retour, il m’offrait un exemplaire de la grande Messe solennelle, que j’acceptai avec une vive joie.

En dehors de cette occupation, j’étudiai quelque temps le violon, mon professeur d’harmonie ayant trouvé avec raison que la connaissance de cet instrument était nécessaire à un futur compositeur pour orchestre. Ma mère m’en paya un huit écus ; elle l’avait acheté au musicien Sipp, qui, aujourd’hui encore (1865), fait sa partie dans l’orchestre de Leipzig. Je ne sais ce qu’il est advenu de cet instrument, avec lequel je torturai pendant tout un trimestre les oreilles de ma mère et de mes sœurs. Je m’exerçais dans ma minuscule chambrette et j’avançai mes études jusqu’à certaines variations en fa majeur de Mayseder, à la deuxième ou à la troisième, je crois. Mais, à partir de là, je perds tout souvenir de ces exercices auxquels heureusement ma famille, pour des raisons sans doute égoïstes, ne me poussait pas sérieusement.

Cependant, l’époque arrivait où la passion du théâtre allait de nouveau s’emparer de moi avec violence. L’intendant du théâtre royal de Dresde avait pris pour trois

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