‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 53 sur 285 · LA RÉVOLUTION DE JUILLET · texte numérisé non relu

LA RÉVOLUTION DE JUILLET

temps que je dus faire plus tard un véritable effort pour m’attacher à la signification politique de ces événements prodigieux.

Quelle ne fut donc pas ma surprise de me voir un jour pour ainsi dire mêlé à des événements politiques analogues à ceux que racontaient mes feuilles d’épreuves. Les éditions spéciales du Journal de Leipzig annoncèrent tout à coup que la révolution de Juillet venait d'éclater à Paris. Le roi de France était détrôné. La Fayette, ce même La Fayette qui venait de traverser mon imagination ainsi qu’un personnage de féerie historique, parcourait de nouveau les rues de Paris, à cheval, acclamé par le peuple. Comme alors aussi, la garde suisse avait été massacrée devant les Tuileries et le nouveau souverain ne trouvait rien de mieux, pour conquérir la faveur populaire, que de se faire proclamer roi-citoyen.

Le sentiment de vivre, à une époque où s’accomplissaient de pareilles choses, devait naturellement produire une impression profonde sur un jeune homme de dixsept ans. Pour moi, l’histoire politique du monde a existé à partir de ce jour-là, et, bien entendu, je pris parti pour la Révolution, qui m’apparaissait comme la lutte courageuse et victorieuse d’un peuple combattant pour son idéal sans se souiller des excès de la première Révolution française. Des émeutes plus ou moins graves ayant bientôt éclaté un peu partout en Europe, et les pays allemands en ayant été secoués aussi, je restai longtemps dans l’attente fiévreuse de leurs suites. Pour la première fois, je fus rendu attentif aux causes de ces mouvements qui jn’ apparaissaient comme une des faces

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