‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 76 sur 285 · AUTRES COMPOSITIONS · texte numérisé non relu

AUTRES COMPOSITIONS

Afin de me maintenir complètement sous sa direction amicale et calmante, Weinlich m'avait demandé à la même époque d’écrire une sonate.

Par amitié pour lui, je dus la composer dans les conditions les plus simples de thème et d’harmonie. Il m’avait donné comme modèle une des plus enfantines sonates de Pleyel. Sûrement, ceux qui connaissaient ma dernière ouverture ont dû s’étonner que j’eusse pu me forcer à composer cette sonate telle qu’elle vient d’être rééditée par l’indiscrétion de la maison Breitkopf et Haertel. Il faut savoir qu’afin de me récompenser de ma sobriété, mon maître s’était fait le plaisir de recommander à ces éditeurs cette œuvre si simplette. A partir de ce moment, il me laissa la main absolument libre. J’eus la permission de composer à mon gré une fantaisie pour piano en fa dièze mineur y dans laquelle je me laissai aller au récitatif mélodique. Outre la satisfaction qu’elle me procura, cette œuvre me valut les éloges de Weinlich. Trois ouvertures qui parurent ensuite obtinrent de même son affectueuse approbation. J’arrivai, l’hiver suivant (1831- 1832), à en faire exécuter la première, en ré mineur , dans un concert au « Gewandthaus » de Leipzig.

Un laisser-aller charmant régnait alors dans cet établissement ; les pièces pour orchestre n’avaient point de directeur. Le premier violon Matthaï les dirigeait de son pupitre. Mais dès que le chant apparaissait dans l’œuvre exécutée, apparaissait aussi le gros Polenz, son bâton à la main, un bâton de mesure bleu de fort belle apparence. C’était le type du chef d’orchestre sympathique, et on l’aimait beaucoup à Leipzig.

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