PRÊT ET ASSURANCE
coûteuses publications de mes opéras, mais ayant été finalement forcé de m'adresser à des usuriers, le bruit de mon endettement s'était répandu si loin qu'il remplissait d'inquiétude les amis qui m'avaient aidé lors de mon installation à Dresde.
Je fis alors une expérience véritablement triste avec Mme Schrœder-Devrient dont l'inqualifiable conduite à mon égard précipita la débâcle. Ainsi que je l'ai dit, elle m'avait fait, au début de mon séjour à Dresde, un prêt de i 000 thalers, afin que je pusse acquitter mes dettes antérieures et surtout venir en aide à mon vieil ami Kietz à Paris. La jalousie qu'elle ressentait contre ma nièce Johanna, le soupçon que je n'avais fait venir celle-ci que pour faciliter à la direction générale le renvoi de la célèbre artiste, avaient jeté cette femme, d'un si grand cœur habituellement, dans l'humeur hostile dont on fait si souvent l'expérience au théâtre. Ayant renoncé à son engagement, elle déclarait à qui voulait l'entendre que j'avais aidé à la déloger. Puis, foulant aux pieds toute l'amitié qu'elle avait pour moi, à qui elle faisait absolument tort, elle remit à un avocat énergique la reconnaissance de ma dette et celui-ci, sans plus de ménagements, déposa une plainte contre moi. Je me vis donc forcé d'avouer ma situation à M. de Lüttichau et de le prier d'obtenir en ma faveur une avance royale qui me permît d'arranger mes affaires compromises.
Mon chef se déclara prêt à appuyer la supplique que j'adressai au roi. Je dus y mentionner le montant de mes dettes. On m'expliqua que la somme accordée ne serait qu'un prêt que me ferait la caisse de retraite du Théâtre