‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 142 sur 276 · REMANIEMENT D^« IPHIGÉNIE EN AULIDE · texte numérisé non relu

REMANIEMENT D^« IPHIGÉNIE EN AULIDE

C'est avec cette ébauche que je rentrai à Dresde au mois d'août pour reprendre comme maître de chapelle des fonctions qui me pesaient de plus en plus. Tout de suite aussi je retombai dans l'omière des soucis dont j'étais à peine sorti. La publication de mes opéras réclamait sans cesse de nouveaux sacrifices auxquels il fallait bien me résoudre, car le succès de cette entreprise formait la seule possibilité de me tirer de mes difficultés. Mais le moindre effort dans ce sens faisant de nouvelles brèches à mes revenus, déjà fort amoindris, je perdis bientôt tout courage.

Pour me remonter, je me mis énergiquement au travail de Lohengrin et procédai d'une manière que je n'ai plus jamais suivie depuis : je composai tout d'abord le troisième acte. J'y étais poussé par la critique qu'on m'avait faite du caractère dramatique de cet acte et de l'importance de son dénouement. En outre, les motifs musicaux, dans le récit concernant le Graal, me semblaient constituer l'âme de toute la pièce et je désirais lui donner une forme définitive et satisfaisante. Toutefois, je n'arrivai pas à l'achever sans qu'une grande et importante interruption ne vînt me retarder.

Suivant une proposition que j'en avais faite, on devait représenter cet hiver-là, au Théâtre royal, Y Iphigénie en Aîilide de Gluck. Je considérai de mon devoir de vouer une attention particulière à cette œuvre, dont le sujet m'intéressait spécialement, et de mettre plus de soin à son étude que je n'en avais mis en son temps à Armide. En premier lieu, je fus effrayé de la traduction qui accompagnait la partition berlinoise. Pour ne pas me laisser

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