SUCCÈS DE MON ADAPTATION
dus souvent inventer. Je ne pouvais m'expliquer cette sécheresse que par la façon conventionnelle dont on traitait Tart scénique à Paris, à l'époque de Gluck. De tous les interprètes, Mitterwurzer seul me satisfit dans Agamemnon ; il avait parfaitement compris et exprimé mes intentions et se montra émouvant et extraordinaire sous tous les rapports. Le succès populaire de la représentation fut heureux au delà de tout espoir, et la direction éprouva une telle surprise de ce résultat, obtenu avec une oeuvre de Gluck, qu'elle se crut obhgée dès la seconde représentation de mettre mon nom sur l'affiche comme adaptateur.
Ceci rendit la critique attentive et, cette fois, elle fut à peu près juste envers moi. Seul mon remaniement de l'ouverture provoqua le mécontentement de ces messieurs, qui avaient encore dans les oreilles l’original de Gluck exécuté sur le mode trivial habituel. J'ai parlé de tout cela dans une dissertation spéciale sur les « Ouvertures de Gluck» et j'y ajoute seulement que le musicien qui, à cette occasion, fit des remarques si bizarres, se nommait Ferdinand Hiller.
Les réunions, arrangées par Hiller et composées d'éléments artistiques très disparates, continuèrent cet hiverlà encore, mais en prenant peu à peu le caractère de soirées particulières chez leur organisateur. Je soupçonnai qu'il cherchait ainsi à préparer le terrain où il placerait son piédestal. Et, en effet, à l'aide d'amateurs ayant de la fortune, et à la tête desquels se trouvait le banquier Kaskel, Hiller créa une société de concerts d'abonnement. La chapelle royale ne pouvant aucunement être mise à