‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 9 sur 276 · ALBERT WAGNER ET SA FAMILLE A HALLE · texte numérisé non relu

ALBERT WAGNER ET SA FAMILLE A HALLE

promit de réfléchir à la rmmèrelde résoudre cet épineux problème. Afin d'apprendre le résultat de ces réflexions, je pensais aller directement à Berlin le 2 juin ; mais à Leipzig je fus arrêté par une lettre de M. de Küstner qui me priait de patienter quelque temps encore.

Halle étant tout près, je résolus d'y passer voir mon frère Albert. Je fus horriblement chagriné et démoralisé de trouver cet homme qui, à mon sens, était doué d’aspirations élevées et d'un vrai talent de chanteur dramatique, de le trouver, lui et sa famille, attaché au théâtre de cette ville dans des conditions mesquines et peu dignes de lui. Cet état de choses, où j'avais faiUi tomber moi-même autrefois, me devint antipathique au possible. Ce qui m'attrista le plus fut de constater la résignation avec laquelle mon frère avait fini par prendre son parti de cette vie. Je ne trouvai là qu'un seul motif de bon espoir : la fille adoptive de mon frère, la jeune Johanna, alors âgée de quinze ans, me chanta dun air naïf et d'une voix déjà remarquablement belle la touchante romance de Spohr : Rose, wie hist du so schôn!

Je revins enfin à Dresde pour entreprendre avec Minna et une de ses sœurs, et par un temps admirable, ce charmant voyage de Tœphtz où nous arrivâmes le 9 juin. Nous trouvâmes à Schœnau un modeste gîte dans la maison « Au Chêne ». Bientôt ma mère arriva aussi pour sa cure annuelle de bains chauds et, cette fois, elle y vint d'autant plus volontiers qu'elle savait m'y rencontrer. Les préventions involontaires qu'elle avait contre Minna à cause de mon mariage, vraiment imprévoyant, disparurent lorsqu'elle apprit à connaître les quahtés dômes-

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