‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 98 sur 276 · INSISTANCE DE HILLER · texte numérisé non relu

INSISTANCE DE HILLER

célébrités suffisaient à M. de Lüttichau, surtout à cause de notre bonne entente, et il fit la sourde oreille aux insinuations de Hiller. A moi personnellement, le Songe de la nuit de Noël me causa de Tembarras ; car, ayant dirigé une représentation devant une salle vide, Hiller vint me déclarer qu il avait eu tort de ne pas m'écouter et de n'avoir pas raccourci son opéra d'un acte en modifiant la fin. Il crut me faire un grand plaisir en m'annonçant qu'il répondrait à mes vœux dès qu'il serait sûr d'une reprise de son ouvrage.

Et vraiment, je réussis à en obtenir une. Mais il n'y en eut plus d'autre. Hiller, qui connaissait mon poème de Tannhàuser, trouva que je jouissais décidément d'un très grand avantage à faire mes livrets moi-même et à les réussir aussi bien. Je dus promettre de lui donner un amical coup de main la première fois qu'il choisirait et arrangerait un texte.

Peu de temps après, Hiller assista à une représentation de mon Rienzi qui eut de nouveau lieu devant une salle bondée et enthousiaste. Il profita du moment où, après le second acte, je quittais précipitamment l'orchestre afin de répondre sur la scène aux appels impétueux du public, pour m'accrocher au passage et, tout en m'adressant de hâtives félicitations, il me chuchota cette prière instante : « Vous donnerez encore une fois mon Songe, n'est-ce pas? » Je le lui promis en riant, mais ne me souviens plus si j'ai pu tenir ma promesse. En attendant l'heureuse naissance d'un sujet d'opéra très neuf, Hiller s'adonna avec zèle à la musique de chambre, pour laquelle le belle installation de son salon était très favorable.

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