MALCHANCE DE HILLER
croyait avoir écrit en un style très populaire cette pièce dans laquelle un père et sa fille meurent de phtisie et se suivent de près dans la tombe.
Sa composition fut victime du sort qui, à ce que m'a raconté Liszt plus tard, poursuivit Hiller sans trêve et d'étrange façon. Malgré ses mérites de musicien, que Rossini lui-même appréciait, ses œuvres tombaient partout, que ce fût en français à Paris ou en italien en Italie. En Allemagne, il avait essayé du genre de Mendelssohn et réussi à écrire un oratorio, la Destrmtion de Jéntsaleniy qui eut la chance de passer inaperçu du public capricieux des théâtres et valut à son auteur le titre indestructible de consciencieux compositeur allemand. Aussi, lorsque Mendelssohn devint directeur général à Berlin, on appela Hiller à la tête de la Société du « Gewandthaus » de Leipzig * mais sa déveine habituelle l'y poursuivit et il ne put y rester, à cause de sa femme, assurait-on, dont on ne voulait pas comme prima donna de concert. Mendelssohn, revenu, le délogea, et Hiller se vanta de s'être brouillé avec lui.
Dresde et le succès de mon Rienzi étaient si près que la tentation d'essayer sa chance comme compositeur d'opéra s'offrit d'elle-même. Par son activité prodigieuse et aussi par l'attrait que le fils de riches banquiers exerce même sur un intendant de la cour, il réussit à faire évincer le Farinelli de mon pauvre ami Rœckel, qu'on avait promis de représenter, et à le faire remplacer par le Songe de la nuit de Noël, D'ailleurs Hiller était d'avis qu'à côté de Reissiger et de moi, il devait y avoir au théâtre un musicien de plus de renom que Rœckel. Mais nos deux