TOME III
Minna avait eu la chance de découvrir dans les environs de la ville un logis qui répondait absolument aux vœux que j'avais exprimés avant mon départ de Zurich. C'était, sur le lac, dans le faubourg de 1' « Enge », à un bon quart d'heure de la cité, une vieille propriété bourgeoise appelée « l'Étoile du berger » et appartenant à une aimable vieille, Mme Hirzel. Le premier étage, très tranquille èt d'un prix modéré, offrait suffisamment de confort à nos modestes exigences.
J'y arrivai le matin de bonne heure. Minna était encore au lit. Comme elle craignait que je ne fusse revenu par pitié auprès d'elle, je dus la rassurer, mais lui fis promettre de ne jamais reparler de ce qui s'était passé. Au demeurant, elle se retrouva bien vite dans son élément à me montrer les progrès de son ingénieuse installation. A partir de cette époque, et pendant une longue suite d'années, les conditions matérielles de notre existence s'améliorèrent de plus en plus, bien qu'avec des interruptions causées par diverses difficultés; une certaine gaieté même ne tarda pas à se répandre dans notre intérieur. Toutefois, je n'arrivai pas à étouffer complètement le désir inquiet et souvent violent que j'avais de rompre avec tout ce qui m'était devenu habitudes.
Nos animaux domestiques, Peps et Papo, contribuèrent