CARACTÈRE DE MON INTÉRIEUR
d’abord pour leur grande part à l’agrément de notre ménage. Chien et perroquet m’aimaient passionnémen parti même de façon importune. Pef prétend»* avorr sa place derrière moi, sur ma chaise de travail, et Pap m’appelait par mon nom : Richard, lorsque ]e m absentais trop longtemps du salon où il se tenait. Quand je répondais pas, il arrivait en voletant dans mon cabinet et, posé sur ma table, se mettait à jouer dune manière inquiétante avec les plumes et le papier. Il etai si ien dressé que jamais il ne poussait son cri naturel d oiseau on ne l’entendait que parler ou chanter. Des qu il percevait mes pas dans l’escalier, il m’accueiüait par la marche finale de la Symphonie en ut mineur ou par le commencement de la Huitième symphonie en fa majeur, on encore par un des joyeux motifs de l’ouverture de Rienzi. Quant à Peps, il était d’une nervosité extraordinaire ; mes amis l’appelaient « Peps l’agité », et à certains moments, on ne pouvait lui adresser de paroles affectueuses cm’il ne se mît à gémir et à hurler. Ces animaux remplaçaient les enfants qui nous manquaient, et comme ma femme éprouvait pour eux une tendresse presque passionnée, ils formaient entre nous un lien et un objet d’intérêts communs. Il n’en était pas de meme de la malheureuse Nathalie ; ses rapports avec Minna etaien une source intarissable de discussions. Jusqu’à son dernier jour, ma femme a gardé la singulière pudeur de ne pas avouer à la jeune fille qu’elle était sa mère, de sorte que Nathalie se croyait sa sœur et ne comprenait pas qu elle ne fût point traitéeen égale. Minna, s’adjugeant 1 autorité maternelle, se laissait aller au dépit de voir 1 enfant si