‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 101 sur 376 · LE BOUDDHISME — « LES VAINQUEURS · texte numérisé non relu

LE BOUDDHISME — « LES VAINQUEURS

c’est-à-dire du monde théâtral allemand, me venaient des nouvelles sur la popularité croissante de Tannhàuser ; peu à peu s’y joignit Lohengrin, dont la destinée avait été si incertaine au début. L’intendant du Théâtre de la cour de Munich, Franz Dingelstedt, entreprit d’introduire Tannhàuser dans une région que Lachner ne m’avait guère rendue favorable. Il réussit assez bien, paraît-il ; mais pas assez bien, à son dire, pour me payer régulièrement les tantièmes promis. Toutefois mes revenus étaient suffisants ; grâce aux soins de mon consciencieux ami Sulzer qui en avait la gestion, ils me permettaient de me livrer sans soucis à mes travaux. Malheureusement pendant tout cet hiver, sans doute en suite du fâcheux climat de Londres, je fus sujet à des accès d’érésipèle qui reparaissaient au moindre changement de régime ou au plus faible refroidissement. Je souffrais surtout de devoir si souvent interrompre ma besogne, car pendant ces jours de maladie, c’est tout au plus si je pouvais me distraire par la lecture.

Le livre qui me captiva le plus alors fut Y Introduction à V histoire du bouddhisme , par Bumouf ; j’y trouvai même matière à un poème dramatique que je n’ai pas perdu de vue, quoique je l’aie à peine ébauché. Un jour peut-être le développerai- je. J’ai intitulé cette pièce les Vainqueurs. Elle est basée sur cette simple légende : Une jeune fille dej]Tschantala est reçue dans le vénérable ordre mendiant de Çakyamouni grâce à son amour épuré et douloureux pour^Ananda, le disciple principal de Bouddha. J’ai été amené à choisir ce sujet autant pour sa beauté profonde et sans apprêt que pour le sin-

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