SÉJOUR AU SEELISBERG (AOÛT
été transformé de la façon la plus élégante et que le dernier vestige du souvenir de Peps était disparu.
Alors seulement, nous partîmes pour Seelisberg, uniquement accompagnés du nouveau perroquet que, Tannée précédente, j’avais acheté à ma femme dans la ménagerie Kreutzberg pour remplacer le bon Papo. C’était aussi une bonne bestiole, intelligente et docile, mais je l’abandonnai complètement aux soins de Minna et, tout en le traitant avec affection, je n’en fis jamais mon ami. Heureusement que le beau temps nous favorisa pendant notre séjour dans ce lieu qui nous devint cher par son air délicieux. Entre mes promenades solitaires, je me mis à copier la partie achevée de la Walkyrie et repris aussi mon étude favorite de Schopenhauer.
C’est là que je reçus de Berlioz une aimable lettre accompagnant son dernier livre : les Soirées d! orchestre. La lecture de cet ouvrage m’amusa et me stimula en même temps ; le grotesque du goût de l’auteur m’y apparut aussi étrange que dans ses compositions.
Le jeune Robert de Hornstein se retrouva encore à Seelisberg, mais ici son attitude fut intelligente et affectueuse. Sa façon rapide de saisir la pensée de Schopenhauer, dont il avait commencé l’étude, m’intéressa particulièrement. Il me confia qu’il pensait se fixer pour quelque temps à Zurich, où Cari Ritter et sa jeune femme devaient également prendre leurs quartiers d’hiver. Nous y retournâmes nous-mêmes vers le milieu d’août.
Entouré de mes anciennes connaissances, je me remis tranquillement à instrumenter la Walkyrie. Du dehors.