‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 116 sur 376 · ANNIVERSAIRE DE NAISSANCE DE LISZT (22 OCT · texte numérisé non relu

ANNIVERSAIRE DE NAISSANCE DE LISZT (22 OCT

elle les recevait en tête à tête, tantôt elle les conviait « en masse ». Lorsque, après ma promenade de midi, je montais un instant chez elle, je la trouvais déjeunant avec Semper ou avec le professeur Koechly, une autre fois avec Moleschott et toujours en « particulier ». Même mon bizarre et sauvage ami Sulzer fut attiré et, ainsi qu'il l’avoua, en quelque sorte subjugué. Une agréable atmosphère de liberté et de sans-gêne régnait autour d’elle et nos simples réunions chez moi étaient particulièrement charmantes, car la princesse, avec une grâce toute polonaise et patriarcale, aidait ma femme à servir les invités. Une fois, après avoir fait de la musique, mes convives formèrent autour de moi un cercle qui ne manquait pas de charme : qui installé dans son fauteuil, qui assis par terre sur le tapis, ils me demandèrent une conférence sur mes deux nouvelles conceptions : Tristan et les Vainqueurs.

Le point culminant de nos petites festivités fut l’anniversaire de naissance de Liszt, que la princesse célébra en grande pompe chez elle, le 22 octobre. Elle y avait convoqué tout ce que Zurich offrait de gens intéressants. Un télégramme de Weimar nous apporta une poésie de Hoffmann de Fallersleben que, sur l’ordre de la princesse, Hervvegh, solennel, déclama d’une voix extraordinairement changée. Puis, accompagné par Liszt, je chantai avec Mme Heim le premier acte et une scène du deuxième de la Walkyne. Je pus me rendre compte de l’effet de notre production lorsque le docteur Wille exprima le souhait d’entendre une fois encore cette composition, mais mal exécutée, afin qu’il pût s’en former

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