‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 165 sur 376 · NOUVELLES DES WESENDONCK ET DE MINNA · texte numérisé non relu

NOUVELLES DES WESENDONCK ET DE MINNA

sous un certain rapport les remèdes qu’il offre ne peuvent combler quelques lacunes inquiétantes de son système.

Mes relations avec le dehors prenaient des apparences de plus en plus rassurantes. Mais un jour, je fus attristé par une lettre de Wesendonck qui m’annonçait la mort de leur petit Guido, âgé de quatre ans. Je me souvins alors d’avoir refusé de devenir parrain de cet enfant sous le prétexte que je pourrais lui porter malheur et ce refus me pesa sur le cœur. Profondément ému et aspirant au repos, je me représentai aussitôt comme fort bienfaisant un petit voyage par-dessus les Alpes. Je passerais Noël avec mes vieux amis. J’en parlai dans une lettre à Mme Wille et reçus une réponse, non pas d’elle, mais de son mari, qui me racontait d'une façon fort inattendue le scandale qu’avait causé mon départ subit de Zurich et surtout comment ma femme avait contribué à l’augmenter. La famille Wesendonck avait dû en pâtir beaucoup. En même temps, j’apprenais aussi combien les Wesendonck s’étaient conduits raisonnablement et judicieusement et c’est de là que commencèrent les premiers rapprochements précurseurs d’une bonne entente.

Entre Minna et moi, la situation s’améliorait aussi à son avantage. A Dresde, dans la société d’anciens amis et toujours pourvue par moi de ce qu’il lui fallait, elle se tenait tranquille et se montrait sage et pleine d’égards dans sa correspondance ; elle ajoutait ainsi à l’émotion qu’elle m’avait produite par son humilité, la nuit de notre scène mémorable. Je lui rendis volontiers l’espoir d’une réunion possible entre nous, mais il fallait à notre

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