NOUVELLES DE LÜTTICHAU ET DE DEVRIENT
nouvelle installation une base solide et durable et je croyais que cela ne pourrait se faire qu'en Allemagne et spécialement à Dresde. Afin d'obtenir quelque renseignement sur l'éventualité de ce projet, je m’adressai directement à M. de Lüttichau. Par Minna qui lui avait fait une visite, j’avais appris que mon ancien chef s'était montré fort compatissant et avait même témoigné d’un chaleureux attachement pour moi. J’allai donc jusqu'à lui écrire en détail et cordialement. Ce fut de nouveau une bonne leçon : je ne reçus de lui que quelques lignes en style administratif par lesquelles il me déclarait que pour le moment il n'y avait pas moyen d'obtenir mon retour en Saxe.
D’autre part, j’appris par les fonctionnaires de la police qu'à Vienne le ministre plénipotentiaire de Saxe se donnait toutes les peines du monde pour me faire expulser de Venise. Il n’y réussit pas. Mon passeport suisse me protégeait ; à ma grande satisfaction, les autorités autrichiennes le respectèrent très sérieusement. Si je voulais retourner en Allemagne, je ne pouvais donc plus compter que sur les efforts amicaux du grand-duc de Bade. Édouard Devrient, auquel je m’étais adressé pour quelques renseignements à propos de notre première de Tristan, m'écrivit que le grand-duc considérait comme chose certaine ma présence à cette représentation. Mais au cas où son intervention directe auprès du roi de Saxe resterait infructueuse, Devrient ignorait si le prince pensait commettre en ma faveur un acte contraire au pacte unissant les États allemands ou s'il réaliserait son intention d’une autre manière. J’en conclus