PROPAGANDE DE LISZT
tuelle et claire. D’abord, il avait écrit lui-même un essai etendu sur Lohengrin. Cet essai, il l’avait fait imprimer, et, comme il y dissertait de l’œuvre jusque dans ses moindres détails, Liszt, par sa brochure, avait provoqué chez les amis des arts un enthousiasme attentif et convaincu qu’il est rare d’obtenir si complet. Cari Ritter se distingua très avantageusement en faisant de l’original français une excellente traduction allemande qui parut dans Ylllustnrte Zeitung. Peu après, Liszt écrivait sur Tannhâuser un article qui complétait celui de Lohengrin; ces deux études furent réunies en un fascicule et celui-ci éveilla pendant longtemps, à l’étranger surtout, une sympathie surprenante pour mes œuvres, les rendant plus compréhensibles que n’eussent pu le faire des arrangements pour piano qu’on n’étudie qu’imparfaitement.
Loin d’en rester là, Liszt réussissait encore à engager des artistes du dehors pour les représentations weimariennes de mes opéras ; et par son aimable insistance, il y attirait les personnages en vue capables de comprendre et d’apprécier ma musique.
Ses bonnes intentions échouèrent, il est vrai, avec Franz Dingelstedt ; ce dernier n’avait écrit qu’à son corps défendant un compte rendu sur Lohengrin pour YAllgemeine Zeitung et il en était résulté un article fort embrouillé. Mais Liszt réussit mieux avec Adolphe Stahr qu’il avait converti à ses idées par son éloquence enthousiaste. La critique détaillée de Stahr, qui parut dans la National Zeitung de Berlin, et dans laquelle il établissait l’importance de Lohengrin fut certainement d’un effet durable sur le public allemand. Dans le cercle moins