‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 176 sur 376 · VENTE DÉSAVANTAGEUSE DE MES DROITS D’AUTEUR · texte numérisé non relu

VENTE DÉSAVANTAGEUSE DE MES DROITS D’AUTEUR

fut impossible d’obtenir quelque clarté sur ses recettes. Bien que l’avocat prétendît que ce brave homme avait certainement empoché plusieurs milliers de thalers de bénéfices, il n’y eut pas moyen de les obtenir, Meser n’ayant pas laissé le moindre capital à ses héritiers. Pour calmer les lamentations de Kriete, je dus me résigner à vendre mes droits d’auteur pour trois mille thalers, juste la somme que je devais à Kriete et à un autre créancier moins important. Pour les intérêts arriérés et les intérêts de ces intérêts, je demeurais le débiteur personnel de l’acteur.

En 1864, ces intérêts avaient atteint le chiffre de mille huit cents thalers et ils m’ont été arrachés par contrainte judiciaire. Au cas où je réussirais à jamais faire exécuter ma musique en France et à la vendre à un éditeur parisien, je me réservai la propriété de mes trois opéras pour la France, et cela en faveur de Pusinelü, mon plus fort créancier, auquel je n’avais encore pu rembourser qu’une somme de peu d’importance. L’avocat Schmidt me déclara dans une lettre que cette réserve avait été acceptée par le nouvel éditeur de Dresde. Mais Pusinelü ayant renoncé amicalement à l’offre que je lui faisais, et même au recouvrement de son capital, j’avais l’espoir, si mes œuvres plaisaient à Paris, de faire non pas un bénéfice, mais de rentrer au moins dans l’argent que m’avait coûté l’édition de mes opéras. Seulement, lorsque, plus tard, j’ai signé un traité avec l’éditeur parisien Flaxland, le successeur de Meser s’est interposé en se déclarant seul propriétaire de ces opéras et il a réussi à se mettre si bien au travers des affaires de Flaxland, que pour avoir la paix.

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