‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 177 sur 376 · ON GRAVE LA PARTITION D E « T A N N H À U S E R · texte numérisé non relu

ON GRAVE LA PARTITION D E « T A N N H À U S E R

celui-ci dut lui payer six mille francs. Mais après cela, il a, bien entendu, refusé lui-même de me reconnaître aucun droit d’auteur pour la France. J’en ai appelé souvent au certificat de cet avocat Adolphe Schmidt et ai sommé ce dernier de me livrer une copie des conditions que j’avais rédigées à Lucerne. Il n’a répondu à aucune de mes lettres et j’ai appris par un juriste viennois qu’il me fallait renoncer définitivement à obtenir ce témoignage, car je n’avais aucun moyen juridique de forcer l’avocat à m’envoyer ce qu’il entendait garder.

Je n’avais donc guère réussi à améliorer mes perspectives d’avenir. Cependant j’eus la satisfaction de voir encore la partition de Tannhâuser gravée après coup. Mon édition autographiée étant épuisée, grâce surtout à l’incurie de Meser, j’avais, de Venise, décidé Haertel à publier cette partition. Mais le successeur de Meser, qui s’était approprié tout le fond d’édition, mit son point d’honneur à ne rien livrer de Tannhâuser à des mains étrangères. Il en fit donc graver la partition à ses frais. Malheureusement le sort voulut que l’année suivante je fus obligé de modifier complètement les deux premières scènes et je regrette que jusqu’à maintenant, je n’aie pas encore pu intercaler la nouvelle version dans la partition gravée.

Les éditeurs Haertel continuant de croire que Tristan serait une bonne affaire théâtrale, faisaient graver avec zèle le deuxième acte pendant que je terminais le troisième. Les épreuves qu’il me fallut corriger, la tête pleine des difficiles problèmes de la composition des scènes extatiques du troisième acte, me produisirent un

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