ORGANISATION DE MES CONCERTS
et mon agent, et l'organisation de mes concerts absorba tout mon temps. Ayant à me procurer des choristes, je crus devoir adjoindre au personnel de l'opéra italien, qui me revenait fort cher, une société de chant allemande dirigée par un certain M. Ehmant. Pour me rendre ces chanteurs favorables, il me fallut leur faire une visite dans leur local de la rue du Temple et supporter avec humour la fumee du tabac et 1 odeur de la bière où se plaisaient ces estimables adeptes de l’art allemand. Je me mis aussi en rapports avec M. Chevé, professeur et directeur d’une société française de chant populaire. Les répétitions avaient lieu à l’École de médecine et j’v rencontrai un bizarre enthousiaste qui, par sa méthode d’apprendre à chanter aux gens sans notes de musique, espérait régénérer l’esprit populaire en France. Mais les plus grandes difficultés provinrent de l’obligation où j’étais de faire copier pour les instruments les différents fragments qui devaient être exécutés. Je pris à ma solde plusieurs pauvres hères de musiciens allemands et, du matin au soir, ils durent travailler chez moi sous ma surveillance et sous ma direction.
Pendant que je m’adonnais avec ardeur à cette besogne d’organisation, Hans de Bülow arriva à Paris. Il s’y fixa pour quelque temps, moins pour se produire lui-même comme virtuose (son succès relatif le prouve), que pour me seconder dans mon entreprise. Il demeurait chez la mère de Liszt, mais passait presque tout son temps chez moi, tâchant de se rendre utile, et m’aidant à vérifier les copies des parties d’instruments. Il s’employa de toute façon à la réussite de mon projet et chercha des