L’ÉDITEU R SCHOTT ACHÈTE L’«OR DU RHIN
Par l’intermédiaire du maître de chapelle Esser.de \ ienne, l’éditeur Schott de Mayence me demanda de lui confier la publication d’un de mes nouveaux opéras. Pour le moment, je n’avais à lui offrir que l’Or du Rhin et il me paraissait difficile de mettre au rang « d’opéra » cette oeuvre qui, par sa disposition spéciale, ne pouvait être considérée que comme le prologue de ma Tétralogie des Niebelungen. Cependant Schott paraissait si désireux de voir mon nom dans son catalogue d’édition que je finis par vaincre mes scrupules et que, sans lui cacher les difficultés d’une diffusion de cet ouvrage, je le mis à sa disposition pour la somme de dix mille francs. Il est vrai que je lui promettais au même prix les trois pièces principales qui suivraient. Je résolus aussitôt, au cas où Schott accepterait mes conditions, de consacrer cet argent à organiser mes concerts parisiens. Fatigué, d attendre la réponse du cabinet impérial, je donnai l’ordre à mon agent de conclure avec le signor Calzado pour la location de la salle des Italiens et de réunir l’orchestre et les chanteurs nécessaires. Mais, au moment où tout était en train, Schott devint hésitant et me fit trembler. Craignant de m’aliéner cet éditeur, j’écrivis au directeur de musique Schmidt à Francfort de traiter en mon nom avec Schott en lui offrant un rabais important dans mes prétentions. A peine cette lettre était-elle partie que je reçus de Schott son consentement écrit : il me payerait les dix mille francs demandés. Sur quoi, je m’empressai de télégraphier à Schmidt de ne pas donner suite à ma missive.
Nous nous mîmes donc de bon courage à l’œuvre, moi