PREMIER CONCERT A PARIS. (25 JANVIER
quoi nous nous mettrons à une seconde répétition que je vous payerai en sus, bien entendu. » Cette proposition eut un résultat extraordinaire.
Le placement favorable de l’orchestre contribua à entretenir les bonnes dispositions ; le prologue de Lohengrin produisit sur tout le monde une impression excellente et dès la fin de cette première répétition, musiciens et auditeurs, parmi lesquels se trouvait Gaspérini, me firent une véritable ovation. Cet enthousiasme ne s’attiédit pas à la répétition générale. L’esprit qui animait l’orchestre était si bon que je pus renvoyer assez rudement un trompette négligent sans que ses collègues prissent son parti par camaraderie. Enfin le premier concert eut lieu le 25 janvier 1860. Tous les morceaux que j’avais tirés de mes différents opéras, Tristan et Isenlt y compris, furent accueillis chaleureusement. Il arriva même que l’un de ces fragments, la Marche de Tannhâuser , fut interrompu par des bravos impétueux, provoqués, semblait-il, par la surprise qu’on avait de constater que ma musique contenait aussi des mélodies continues, bien qu’on eût prétendu le contraire.
Très content du concert et de l’accueil qu’on lui avait fait, j’avais à lutter le lendemain contre les impressions tout opposées que me causèrent les « effusions » de la presse. Pour les journalistes, Belloni avait vu juste : en ne les invitant pas, nous avions excité leur fureur. Mais comptant plus sur l’initiative d’amis influents que sur les éloges des critiques, je fus, moins touché des vociférations de ces messieurs que de l’absence de toute manifestation favorable de la part de mes partisans. J’étais principa-