SAX. — INCAPACITÉ DE DIETZSCH
tion des choses ; au contraire, le voyant si déprimé, je fis bon visage à mauvais jeu. Seulement, comme il s’aperçut dès la première répétition de ce qu’il en était, je ne lui dissimulai plus rien et nous attendîmes la représentation, qui avait encore été retardée, dans une mélancolie qu’animaient seuls ses efforts incessants pour me rendre service.
De quelque côté qu’on considérât cette grotesque entreprise, elle ne présentait que des aspérités ou des lacunes. Par exemple, impossibilité absolue de réunir dans ce grand Paris les douze cors de chasse du premier acte, qui avaient sonné si triomphalement les hallalis à Dresde. Il me fallut me mettre en rapports avec un homme abominable, M. Sax, le fameux fabricant d’instruments. Il vint à mon secours en me procurant toutes sortes d’ « équivalents » tels que le « saxophone » et le « saxhorn ». Et c’était ce même Sax qui dirigeait la musique derrière la scène ! Jamais je ne réussis à la lui faire jouer juste.
Mais le mal principal provenait de l’incapacité du chef d’orchestre, M. Dietzsch, incapacité que je n’avais pas soupçonnée aussi forte. Dans nos innombrables répétitions avec orchestre, je m’étais habitué à considérer Dietzsch comme une machine, et, de ma place sur la scène, vis-à-vis de son pupitre, je le dirigeais, lui et l’orchestre, indiquant mes « tempi » avec tant de fermeté, que je ne croyais pas possible de les modifier même quand je ne serais plus à proximité. Mais aussitôt qu’il fut livré à lui-même, Dietzsch, son orchestre et le chant, tout devint hésitant : le directeur n’était plus